Dimanche 27 mai 2007
sur http://www.lopinion.ma/

En venant vers le nord de l’Afrique, le Maghreb, les foules de Subsahariens fuient les guerres, la misère, la faim. Tournant le dos définitivement à l’Afrique, ils portent tous en eux un projet individuel d’avenir qui est d’immigrer vers les pays d’Europe.

Pour eux rêver d’une Afrique développée est plus que chimérique. Pour les plus lucides ils en ont désespéré. Mais l’Europe, qui voudrait bien disposer des richesses de l’Afrique sans s’embarrasser d’Africains en détresse, se contrefiche de l’éthique dans le chaos de la globalisation et leur oppose son embargo. Le projet d’avenir personnel est floué puisque la frontière européenne est verrouillée. Comment vont-ils s’en sortir ? Ils passent le maximum de temps à tourner en rond. D’un séjour provisoire dans un pays de transition, ils se retrouvent pour des années en pensant à rester indéfiniment ou à revenir vers leur pays d’origine comme certains l’ont fait bon gré mal gré. Ou encore à espérer aller en Amérique, au Canada ou en Australie, cette fois-ci d’une manière régulière par le biais du Haut Commissariat aux Réfugiés HCR. Espoir ultime et vague. Pour l’Europe le plus important c’est de rendre ses frontières plus étanches en "externalisant" sa politique d’immigration et d’asile. Dans la foulée le Maghreb et surtout le Maroc est invité à jouer le mauvais rôle du gendarme. Pourtant grâce au travail associatif on a pu voir une solidarité afro-africaine possible.

Depuis l’apparition du phénomène des migrants subsahariens il y a toujours eu des occasions qui révèlent leur situation. Pour l’image marquante laissée par les migrants il y a surtout la mendicité avec ces dizaines de mendiants subsahariens qui sillonnent les quartiers et les marchés des villes. Le récent sit-in devant le siège du HCR est en ce sens plein d’enseignements. Il ne concerne qu’une bien infime partie de migrants, ceux qui, forts de leur statut de réfugiés, peuvent réclamer des droits précis à une institution précise.

Certains ont pensé que ce mouvement est dû surtout à la communauté de Congolais. D’autres pensent qu’il ne peut être représentatif des réfugiés et migrants. Pourtant plusieurs associations de migrants et de réfugiés créées au Maroc y sont représentées. Faut-il se résoudre à reconnaître que, comme pour d’autres structures représentatives, là aussi il s’agit d’association sans grande base ?

Deux réfugiés parmi les représentants de ce mouvement donnent le récit selon leur point de vue, Fiston Massamba et Jean-Luc Bossongo Ediabissio, les deux Congolais.

Jean-Luc Bossongo se présente comme étant l’un des fils d’un général de Mobutu, ex dictateur de l’ex-Zaïre. Son père est toujours en résidence surveillée. Il a fait ses études en Afrique du Sud et est passé par la Namibie.

Il est ingénieur en électricité de bâtiment. Il a fui à deux reprises le Congo après la chute du régime de Mobutu. La deuxième fois il se retrouve au Maroc.

Fiston Massamba est un ancien étudiant de la faculté de médecine. Sympathisant du parti de l’Union démocratique pour le progrès social, il a dû abandonner ses études de médecine en deuxième année pour fuir le Congo. Massamba et Bossongo racontent donc, selon leur point de vue, l’histoire comment les réfugiés en sont venus à organiser leur sit-in.

Un mineur molesté

Tout a commencé le vendredi 11 mai. Un réfugié mineur de 17 ans prénommé Achille, jusque là complètement inconnu dans la masse anonyme des migrants, a fait brusquement parler de lui. C’est un Congolais qui bénéficie de statut de refugié, ce qui explique que le premier mouvement du sit-in était congolais. Jean-Luc Bossongo Ediabissio dit connaître bien le jeune Achille pour avoir été son encadrant dans le cadre de l’église évangélique. Il raconte qu’Achille est au Maroc depuis deux ans déjà. A son arrivé il était âgé de 15 ans. Durant les derniers mois il logeait avec des étudiants africains dans une chambre à Hay Massira à la sortie de la ville de Rabat. Comme il ne cotisait pas pour le loyer on a fini par l’expulser.

"La solidarité intercommunautaire a des limites malheureusement" Il est devenu SDF. Il est allé le vendredi 11 mai réclamer de l’aide au siège du HCR. Il a été écouté par l’Adecos partenaire du HCR pour le social.

Seulement aucune solution n’a été trouvée pour lui.

"Il a refusé de quitter le siège du HCR car il n’a pas où aller. On a appelé les gardiens pour le faire sortir de force. Il est tabassé, sa chemise est déchirée".

Des témoins, des Subsahariens, ont vu ce qui lui était arrivé. On lui promet enfin de régler son problème le lundi. En attendant une somme de 300 Dh lui est remise pour se débrouiller jusqu’à lundi.

Il a raconté ce qui lui était arrivé. L’histoire a fait le tour de Rabat parmi la population des Subsahariens. Le lundi des réfugiés sont venus se faire écouter et réclamer de l’aide. Peut-être eux aussi recevront une aide pécuniaire.

Fiston Massamba raconte que pour les personnes venues les gardiens ne voulaient pas les laisser entrer.

"Les réfugiés sont restés dehors. Comme une voiture du responsable du HCR est venue pour pénétrer à l’intérieur, les subsahariens se sont introduits en s’accrochant au véhicule. Ils ont suivi la voiture. Les gardiens tentaient de les en empêcher. Ils voulaient les faire sortir par la force. Il y a eu un échange de coups mais c’est les gardiens qui ont commencé".

Défi

Une discussion a pu avoir lieu avec Mme Tribolet. "Elle nous a dit sèchement il n’y a pas d’assistance, faites ce que vous voulez !"

C’était les défier. C’est à cause de cela qu’ils ont décidé de se mettre en sit-in pour réclamer des acquis pour migrants bénéficiant de statut de réfugiés.  La principale raison affichée c’est le manque d’assistance pour des migrants réfugiés qui ne peuvent pas revenir chez eux à cause d’un danger qui les menace.

Jean-Luc issu d’une troisième épouse d’un général de l’armée de Mobutu est un exemple parmi d’autres. Pour lui le problème c’est de ne pas avoir de quoi payer un loyer et manger. Il raconte qu’il avait hébergé dans la chambre qu’il louait à 800 Dh au quartier Qamra à Rabat, trois mineurs.

"J’ai été expulsé de la chambre par le propriétaire parce que je n’avais pas payé le loyer deux mois de suite ".

Les réfugiés sans ressources ni revenus, sont confrontés à des problèmes d’ordre matériel, manque de soins élémentaires, manque d’intégration.

"Au Maroc il y a le problème du chômage mais même au cas où l’on trouve un job c’est difficile car on n’a pas de statut pour pouvoir être employé"  Ce n’est pas la première fois qu’un sit-in de réfugiés est organisé devant le HCR. En 2006 il y a eu un sit-in du 24 au 27 juillet. C’était à la suite de la célébration de la journée mondiale des réfugiés qui coïncide avec le 20 juin de chaque année. Les Subsahariens revendiquaient la réinstallation dans des pays d’accueils où des migrants sont demandés comme les USA, Canada ou Australie.

"Nous demandons au HCR de nous transférer dans un pays où nous puissions jouir de nos droits en tant que réfugiés" déclare Massamba.

Les réfugiés et les migrants en général ne se retrouvaient pas dans les associations créées pour les organiser, les représenter et les défendre. Les ONG créées n’étaient pas représentatives disent Fiston et Jean-Luc, pour expliquer le peu d’efficacité de ces associations et le fait qu’elles ne parvenaient pas à rassembler autour d’elle les concernés.

Le sit-in serait l’occasion de crédibiliser l’action associative apprend-on de même source.

Le vendredi 18 mai il y a eu une vingtaine de personnes à se mettre en sit-in dormant à la belle étoile. Ensuite le nombre a commencé à grossir. Lundi il y avait une trentaine. Le bureau du HCR a été fermé. Des pourparlers ont été organisées mais n’ont rien donné. Les sit-in s’est poursuit jusqu’à jeudi 24 mai dans la soirée où la police est intervenue vers 22 heures pour déloger et disperser les manifestants qui se sont réfugiés dans l’église évangélique.

D’après les manifestants certains ont été violentés durant l’opération.

"Nos revendications sont pourtant simples et réalisables : Négociation avec le HCR, représentation de l’AMDH comme partenaire et témoins, assistance financière et régulière de tous les réfugiés"

600 réfugiés

Il sont 600 réfugiés reconnus dont environ 70% vivent à Rabat et le reste entre Casablanca, Fès et autres villes. Qui doit s’en occuper ? Selon des sources du HCR cela revient à l’Etat marocain.

Jusqu’à maintenant les réfugiés et autres migrants parviennent à survivre. Plusieurs cas de figures. Certains sont aidés par leur famille se trouvant dans le pays d’origine ou en Europe. Il y a la solidarité entre communautés qui permet de survivre. Il y a des subsides donnés par des associations caritatives comme Caritas, l’église évangélique. Il y a aussi des ONG marocaines. Il y a aussi ceux qui mendient dont des femmes avec enfants en bas âge. Et puis il y a « une infime minorité » qui parvient à vivre de petits travaux d’artisanat comme la cordonnerie.

"Cela fait deux ans que je suis au Maroc et je ne sais pas vraiment comment j’ai fait pour vivre tout ce temps. C’est un miracle !" commente Massamba.  Pour remédier à la précarité des réfugiés le HCR a lancé une opération de microcrédits qui ne dépassent pas les montants de 1.500 DH à 2.000 DH. Il y aurait 128 demandes enregistrées selon les participants au sit-in. Une quarantaine a été satisfaite selon Massamba.

Selon Jean-Luc l’opération du microcrédit n’avance à rien.

"Elle ne sert qu’à créer du désordre car ceux qui reçoivent ces microcrédits ils les emploient à acheter de l’alcool qu’ils revendent illégalement à des migrants. D’autres achètent des marchandises de consommation qu’ils ne parviennent à faire écouler qu’auprès des migrants. Comme ils vendent à crédit il y a toujours des litiges qui dégénèrent souvent en bagarres. On en a vu des cas"

Selon Massamba le plus important c’est une grande précarité.

"Car comment demander un microcrédit et faire du commerce alors qu’on n’a pas de carte de séjour, qu’on ne peut pas avoir un compte en banque, qu’on n’est pas intégré"

Un délégué au sein d’une association a déclaré lors d’une réunion, que lui-même s’est porté candidat pour demander le microcrédit affirmant que si jamais il le recevait, il allait tout juste payer un ou deux mois de loyer et acheter de la nourriture pour manger à sa faim.

"Cette histoire de microcrédit pour les réfugiés n’est pas la solution, ce qu’il faut c’est une assistance financière régulière jusqu’à ce que la personne soit apte à se prendre en charge. A partir du moment où l’on n’a pas de travail, de carte de séjour on ne peut pas se prendre en charge. Le Maroc ne nous reconnaît pas officiellement. A preuve la rafle de décembre 2006. 70 réfugiés reconnus comme tels ont été raflés. Le ministre de la Communication a dit qu’il n’y a aucun réfugié raflé ce qui n’est pas exact"

Toutefois les réfugiés disent que séjourner au Maroc c’est un bien moindre mal.

"Car en Algérie c’est pire. Et en Libye n’en parlons pas !" note Massamba. Selon lui il n’aime pas dit-il la catégorisation en privilégiant par exemple les réfugiés sur les migrants demandeurs d’asile.

« Tous doivent jouir des mêmes avantages. Ils sont logés à la même enseigne ».

Le nombre des associations créées pour encadrer les migrants ne cesse de s’étoffer. Il y en a actuellement cinq : le Conseil des Migrants Subsahariens, le Collectif des Réfugiés Subsahariens du Maroc, l’Association des réfugiés et demandeurs d’asile congolais, Réfugiés sans Frontières, Rassemblement des réfugiés ivoiriens au Maroc et l’Association des Femmes Subsaharienne au Maroc.

Toutes ces associations souffrent dit-on de problème de représentativité. Non content de manque de base de ces ONG on cherche dit-on à créer la zizanie entre elles déclare Massamba.

Le colloque organisé sur la migration est intervenu au moment où le sit-in avait commencé.

"Nous n’avons pas senti que nous étions concernés par ce colloque. D’ailleurs l’association de réfugiés partenaire son responsable n’a même pas le statut de réfugié ! Nous pensons que c’est le HCR qui a tout orchestré" affirme Fiston Massamba.

La fermeture des frontières a fait que les migrants n’arrivent plus au Maroc qu’au compte-goutte. Ils parviennent à se faufiler mais très difficilement. D’ailleurs d’autres routes sont choisies comme la route maritime à travers la Mauritanie.

Fiston Massamba raconte qu’il connaît au moins quatre migrants qui ont quitté le Maroc pour revenir chez eux au Congo.

Pour Fiston et Jean-Luc il faudrait que les droits fondamentaux des réfugiés et migrants soient respectés en application des conventions internationales ratifiées par tous les pays. On ne demande pas plus.

Saïd AFOULOUS

Edité le: samedi 26 mai 2007.
par Saïd AFOULOUS publié dans : Sans papiers / travailleurs immigrés
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Dimanche 27 mai 2007
26/05/2007 23:44

AEROPORT DE ROISSY (AFP) -

Le vol Paris-Bamako (Mali) d’Air France au départ de l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle a été annulé samedi après-midi, après l’intervention de passagers contre l’expulsion d’un homme en situation irrégulière, a-t-on appris auprès d’Air France et de passagers.

Peu avant le départ, la personne devant être expulsée s’est levée, nécessitant l’intervention des agents de police l’accompagnant, a-t-on appris auprès de plusieurs témoins présents dans l’avion.

"Nous avons entendu des bruits de strangulation et des râles de douleur", a notamment raconté à l’AFP Laurent Cantet, membre du Réseau éducation sans frontières (RESF), présent dans l’appareil.

Plusieurs passagers se sont alors indignés des conditions de traitement. L’un d’entre eux a été interpellé par la police, rapportent les témoins interrogés par l’AFP.

Contactée par l’AFP, la police aux frontières n’a pas souhaité s’exprimer. On ignorait donc samedi soir ce qu’il est advenu du passager interpellé.

"Le commandant de bord a estimé que les conditions de sécurité n’étaient pas remplies", précise seulement Air France, qui ne confirme ni n’infirme l’interpellation.

Le vol devait décoller à 16H40 samedi. Ses passagers seront reportés sur le vol Paris-Bamako de dimanche.
par Résister publié dans : Sans papiers / travailleurs immigrés
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Vendredi 25 mai 2007
Source:
http://www.amdh.org.ma/
 
COMMUNIQUE DENONCANT LES CONDAMNATIONS INIQUES PRONONCEES A L’ENCONTRE DES DETENUS DU 1ER MAI 2007 PAR LA COUR DE 1ERE INSTANCE DE LA VILLE DE KSAR EL KEBIR
 
 Le tribunal de 1ere instance de la ville de KSAR EL  KEBIR a prononcé le mardi 22 mai ( après une séance qui a duré du 21 mai à 2 heures de l’après midi jusqu’au lendemain à 8 heures du matin)une condamnation à 3 ans de prison ferme et dix mille dirhams d’amende à l’encontre de chacun des cinq (5) détenus membres de l’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH) et qui ont été poursuivis sous l’inculpation d’atteinte aux sacralités à la suite de leur participation aux défilés du 1er mai 2007 ; les condamnés sont les suivants :
- THAMI EL KHAYAT : président de  l’Association Nationale des Diplômés Chômeurs au MAROC
- YOUSSEF ERRAGAB : chômeur
- OUSSAMA BEN MESSOUD : chômeur
- AHMED AL KAATIB : chômeur
- MOHAMMED RABII RISSOUNI : fonctionnaire des communes locales
Tout en exprimant sa stupéfaction et le choc ressenti face à ces condamnations des plus sévères qui dévoilent le caractère politique de ce jugement, le bureau central de l’AMDH :
- dénonce ce procès inique orchestré à l’encontre des détenus du 1er mai ainsi que les condamnations qui en ont découlées
- s’élève contre les violations multiples qui ont entaché ces  jugements et qui dévoilent, une fois encore, la situation désastreuse que vit la justice au MAROC ; justice qui a été utilisée une fois de plus comme instrument aux mains du pouvoir pour se venger des militants
- réitère sa demande de libérer ces détenus ainsi que tous les détenus politiques qui croupissent dans les geôles marocaines
- lance un appel à toutes les organisations de droits humains nationales et internationales afin qu’elles agissent rapidement et fassent pression en vue de l’élargissement des détenus
- remercie le corps de la défense qui s’est mobilisé pour défendre le droit à un jugement équitable, le droit à la liberté d’expression et le droit à la liberté d’opinion et de pensée
- salue vivement toutes les organisations membres de l’Instance Nationale pour le Soutien des détenus du 1er MAI 2007 et lance un appel à toutes les organisations des droits de l’homme, à toutes les organisations  syndicales et associatives démocratiques pour rejoindre l’Instance Nationale pour le soutien des détenus du 1er MAI lors de sa réunion qui se tiendra le 24 MAI à 18 h au siège du bureau central de l’AMDH à RABAT
- Appelle à plus de solidarité et à plus de militantisme contre toutes les formes de violations que connaissent les libertés et pour que cesse l’inculpation « atteinte aux sacralités » comme moyen de faire taire les militants/es et pour  limiter la liberté d’opinion et d’expression.
Le bureau central
RABAT LE 23/5/2007
par AMDH publié dans : Maghreb
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Vendredi 25 mai 2007
A l’initiative du Réseau Education Sans Frontières du Gard

Cet été 2007, le Ministère de l'Intérieur va ouvrir un Centre de Rétention Administrative de 126 places à Nîmes. Ce Centre fait partie d'un vaste plan de création de grosses structures destinées à détenir des familles, avec femmes et enfants. Une politique d'expulsion de grande ampleur, de rafle de familles d'enfants scolarisés, s'organise sur le territoire de notre République. Ses objectifs nous scandalisent.
Ces personnes sans papiers ne sont pas des délinquants. Elles sont victimes de tragédies (guerres, guerres civiles, oppression des femmes, répression des associations, misère). Elles ont cherché à y échapper en croyant trouver asile en France. Ces personnes ne sont pas des poids économiques, elles ne veulent pas d’assistanat, elles veulent contribuer à la production de notre pays. Beaucoup d'entre elles sont déjà insérées dans le secteur agricole et celui du bâtiment. Leurs enfants sont intégrés dans nos écoles, depuis plusieurs années. Ils sont des camarades d’étude, de jeu, de sport de nos enfants. Ils représentent une richesse humaine, culturelle, une jeunesse, une chance pour notre pays.
A la création de ce C.R.A. où la rétention s’apparente à une détention, s'ajoute celle d'un Centre Éducatif Fermé. Ce dernier est destiné à des jeunes de 13 à 16 ans, ayant commis des délits et qui devraient bénéficier prioritairement de réponses éducatives.
La mise en œuvre de ces orientations favorise le racisme, la xénophobie, l’exclusion. Elle fabrique des "boucs émissaires" face aux difficultés économiques, elle amalgame  jeunesse et délinquance.
La France doit rester une terre d'asile, qui s'enrichit de son ouverture aux peuples du  monde.
Nous en appelons à chacune et à chacun, dans la diversité de ses choix, pour faire prévaloir une solution humaine à la régularisation des familles sans papiers d’enfants scolarisés.
Nous rejetons une politique qui a éliminé plus de 24000 des 31000 dossiers examinés pendant l'été 2006 et a augmenté, dans le Gard, les expulsions de plus de 120% en un an.
Nîmes se barricade, avec la vidéosurveillance, le Centre de Rétention, le Centre Fermé,…
Nous refusons une vision excessivement sécuritaire de notre société et du monde, qui emprisonne, oppresse, construit des ghettos et entretient la haine, au mépris de l’être humain.

Nous appelons à une mobilisation exceptionnelle, le Samedi 2 Juin 2007,
à partir de 15 heures, à la Maison Carrée de Nîmes,
pour des actions d’information, de protestation et de refus.

Premières organisations signataires :

Réseau Education Sans Frontières   
CIMADE   
Association de Promotion des Travailleurs Immigrés
Ligue des Droits de l’Homme   
M.R.A.P.   
Observatoire International des Prisons
Fédération FSU   
Syndicats CGT   
Syndicats SUD
UGEG FSE (Fédération Syndicale Etudiante)   
C.N.T.   
SNMPMI : Syndicat National des Médecins de la Protection Maternelle Infantile
Solidaires 30   
ATTAC   
Ligue de l’Enseignement du Gard
Parti Radical de Gauche   
SCALP 30    
La Confédération Paysanne
Parti Communiste Français   
Les Alternatifs   
Ligue Communiste Révolutionnaire
Les Verts du Gard       
Comité de Résistance à une Société Sécuritaire (Nîmes)
Parti Socialiste, fédération du Gard       
Comité Alésien Résistance à la Délation (Alès)
RESF  13
RESF  34 
RESF 74      
RESF84   
Gauche Alternative2007
par Resf (Gard) publié dans : Sans papiers / travailleurs immigrés
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Vendredi 25 mai 2007


JOURNAL : L’HUMANITE, 22/5/2007

Décryptage . Sous couvert de faire respecter la justice internationale, la partition jouée par les Occidentaux et leurs alliés dans la région envenime les tensions internes au Pays du cèdre.
Beyrouth,
envoyé spécial.


Depuis jeudi dernier, date du dépôt à l’ONU par les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne d’une résolution visant à assurer la mise sur pied d’un tribunal international pour juger les assassins de l’ex-premier ministre libanais, à Rafic Hariri, tout le monde savait, au Pays du cèdre, que les répercussions n’allaient pas tarder à se faire sentir. D’abord parce que cette question est particulièrement sensible au Liban. Elle est une des pommes de discordes entre les différentes organisations. La « majorité » est regroupée sous le sigle de « 14 mars » - c’est-à-dire le Mouvement du futur de la famille Hariri qui détient le poste de premier ministre en la personne de Fouad Siniora, des Forces libanaises de Samir Geagea, récemment sorti de prison pour son implication politique dans un certain nombre de massacres, et les phalanges de la famille Gemayel.
L’opposition, essentiellement le Hezbollah, Amal et le  Courant patriotique du général Aoun, se retrouve sous le vocable de « Mouvement du 8 mars ». Ces deux entités, un moment regroupées dans le cadre d’accords électoraux et même au sein du gouvernement, ont divorcé sous les coups de boutoirs d’intérêts divers : de classe, confessionnels, géopolitiques...
Aujourd’hui, le tribunal international, tel qu’il est amené, fait craindre un retour aux vieux démons du Liban, puisque pourraient être englobés des faits vieux de plus de vingt ans, et que la volonté de réconciliation nationale avait sinon amnistiés en tout cas politiquement prescrits.
à la mort
de Rafic Hariri
Dans ce qu’il faut bien appeler un grenouillage, les pays occidentaux - et singulièrement la France et les États-Unis - jouent une partition très particulière, écrite à la mort de Rafic Hariri, la cantate 1559, résolution de l’ONU jouée en deux temps : retrait des troupes syriennes du Liban (alors qu’elles étaient venues en 1986 avec l’aval des  Occidentaux), puis désarmement des factions armées - le Hezbollah et les groupes palestiniens. Celle-ci vise à isoler tout ce qui, sur la scène régionale, pourrait s’apparenter à une alliance avec la Syrie et l’Iran, accusés de tous les maux (d’où l’axe du mal si cher à George W. Bush). Le Hezbollah est donc visé, politiquement et confessionnellement. L’Arabie saoudite, sunnite dont les intérêts financiers au Liban sont patents, est toute désignée pour jouer le rôle de gendarme, voire de justicier. Cela d’autant plus que la situation créée en Irak, l’affrontement entre chiites et sunnites dans la région, dont beaucoup voudraient qu’il soit le nouveau paramètre d’appréciation, va créer une nouvelle dynamique pleine de danger pour les peuples du Moyen-Orient, et en premier lieu pour les Palestiniens.
C’est dans ce contexte d’affrontements et de tensions tous azimuts que s’est enclenchée la guerre du Liban à l’été 2006. Les plans israéliens étaient prêts. La défaite  inattendue en a modifié les conséquences. Le mouvement chiite de Hassan Nasrallah est sorti renforcé de la confrontation. Même dans les zones sunnites du Moyen-Orient on appréciait la performance du chef du Hezbollah. Un facteur aggravant pour Washington qui voit le spectre de Téhéran partout, mais aussi pour Riyad qui entend défendre ses intérêts.
C’est dans ce décor, aggravé par un blocage des institutions - la démission des ministres chiites laisse un gouvernement sans légitimité constitutionnelle, le Parlement ne se réunit plus et la succession du président de la République se pose sans réponse viable actuellement - que le Liban est soumis à tous les vents. Dès lors, il est facile de manipuler, de compter sur des médias internationaux, prompts à épouser la thèse dominante, et surtout de créer ou d’activer des groupuscules religieux.
yéménites,
du Bangladesh...
En Europe, on vient certainement de découvrir l’existence du Fatah al-Islam. En deux jours, ce  groupe islamique a tué près d’une trentaine de soldats libanais et, se trouvant dans un camp de réfugiés palestiniens, il a semé le trouble et le doute. Pratiquement aucun Palestinien n’est pourtant membre de Fatah al-Islam, comme vient de le montrer l’identité de ceux qui ont été abattus par les militaires libanais ces deux derniers jours. Ils sont yéménites, du Bangladesh et autres. L’ensemble des organisations palestiniennes ont dénoncé la supercherie de ce groupe. Hier, certains journaux libanais rappelaient d’ailleurs qu’au mois de février quatre membres de cette organisation ont été arrêtés et ont avoué être les instigateurs d’un attentat près de Beyrouth, dans une zone chrétienne. Pourtant les autorités n’ont rien fait pour l’éradiquer. De même, quand on sait la difficulté qu’il y a à entrer dans un camp de réfugiés palestiniens dont les accès sont contrôlés par l’armée, on peut se demander comment cela a pu se produire et qui avait intérêt à cette  implantation.
la tension
ne cesse de monter
Une partie de la réponse est donnée par le journaliste américain Seymour Hersh, connu pour ses révélations sur le dessous des cartes internationales, l’étendue de ses réseaux d’information et les secrets que lui dévoilent d’anciens agents de l’ombre, particulièrement des services de renseignements internationaux. Dans un article publie par le New Yorker en février 2007, Hersh montre ainsi que se met en place, sous l’égide de Dick Cheney, le vice-président des États-Unis, une stratégie de confrontation entre des islamistes sunnites et le Hezbollah au Liban. Un ancien espion des services britanniques, le fameux MI6 est cité. Alastair Crooke, c’est son nom, qui a créé un think tank (un club de réflexion), Conflicts Forum, explique que le gouvernement libanais favorise l’entrée sur son territoire de combattants de ce type. « Cela pourrait être très dangereux », dit-il. Il cite un de ces groupes extrémistes sunnites : le Fatah al-Islam qui s’est installé dans le camp de Nahr al-Bared. Ils étaient 200. « On m’a dit que dans les vingt-quatre heures des gens, se disant représentants des intérêts du gouvernement libanais, leur avaient fourni des armes et de l’argent pour s’en prendre au Hezbollah. »
Alors que, selon l’ambassadeur de France auprès de l’ONU, la résolution 15995 concernant le tribunal international pourrait être votée d’ici à la fin du mois, la tension monte chaque jour un peu plus au Liban, les préparatifs de guerre contre l’Iran se précisent et la bande de Gaza est à feu et à sang.
Pierre Barbancey

par Pierre Barbancey publié dans : Liban
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