Vendredi 30 juin 2006
Association France Palestine Solidarité
 

Des rassemblements sont prévus :

-Rassemblement à Paris : dimanche 2 juillet à 16h, à Châtelet (à l'appel de l'AFPS, GUPS, UJFP, MRAP, PCF, CCIPPP, Femmes en noir, LCR...). un point fixe est prévu à la manifestation anti-CESEDA du samedi 1 juillet, place Felix Eboué.

-Rassemblement à Montpellier : samedi 1er Juillet 2006 à 17 h 30 - Place de la Comédie à Montpellier (AFPS 34, APF 34, CCIPPP 34)

-Rassemblement à Lyon : vendredi 30 juin à 19h, Place de l'Hôtel de Ville - Métro Hôtel de ville (Collectif 69 Palestine)

-Rassemblement à Limoges : Samedi 1er juillet à 10h00 devant la Préfecture à Limoges (Limousin Palestine)

-Rassemblement à Mulhouse : samedi 1er juillet à 18h00, Place de la réunion (AFPS 68)

-Rassemblement à Metz : samedi 1er juillet à 17 heures place d'Armes

-Rassemblement à Marseille ; samedi 1er juillet à 16h Place de la Préfecture


(...)



Contre la guerre totale israélienne en Palestine :
 La France doit intervenir

Communiqué de l’AFPS


Mercredi 28 juin, l’armée israélienne a lancé une vaste offensive terrestre et aérienne dans le territoire palestinien de la bande de Gaza surpeuplée. Les raids de l’aviation ont détruit des ponts et des routes, ainsi que la principale station électrique de ce territoire. L’armée a appelé les habitants du nord de Gaza à quitter leurs maisons. Soixante-quatre responsables palestiniens dont 8 ministres et 20 députés ont été kidnappés par l’armée israélienne qui les détient encore.

Le motif officiel de cette agression à grande échelle est l’enlèvement par la résistance palestinienne d’un tankiste israélien. Cet enlèvement intervient après des semaines de terreur israélienne : bombardements massifs et meurtriers (5000 obus et 30 morts en 1 mois) de ces même tanks, de l’aviation et de la marine israélienne sur la bande de Gaza . Et le lendemain de l’enlèvement de 2 résistants à Gaza mais aussi de rafles à Hébron, Naplouse qui ont laissé de marbre la communauté internationale ! La population assiégée de la bande de Gaza, véritable prison à ciel ouvert, était déjà soumises aux pénuries alimentaires et sanitaires aggravées par les sanctions de l’Union Européenne contre le gouvernement des occupés.

C’est dans ce contexte que s’inscrit l’enlèvement du caporal israélien. Dans un important appel, les dirigeants palestiniens emprisonnés par Israël ont appelé, notamment, à une réorientation de la stratégie de la résistance contre l’occupation, contre la colonisation illégales et contre la violence quotidienne imposée par l’armée israélienne à la population palestinienne : ils en appellent notamment à une mobilisation unifiée, recentrant la résistance dans le territoire occupé, et contre l’armée d’occupation.

Nous ne pouvons à cet égard que nous étonner que la France, officiellement, annonce son engagement total pour faire libérer ce caporal, au nom de sa nationalité française, sans parallèlement ni interroger ce que signifie pour un citoyen français d’effectuer son service militaire dans une armée d’occupation alors même que la France condamne cette occupation illégale, ni jamais s’interroger sur les crimes commis par ses citoyens franco-israéliens colons dans les territoires palestiniens, ni sur le sort réservé aux citoyens franco-palestiniens vivant sous occupation israélienne, et encore indiquer une mobilisation analogue pour la libération des milliers de prisonniers politiques palestiniens, otages de l’arbitraire israélien, et singulièrement des centaines d’enfants aujourd’hui sous les verrous, et les députés palestiniens comme Marwan Barghouthi et Hussam Khader kidnappés par l’armée d’occupation et détenus dans le territoire de la puissance occupante, en totale violation de la quatrième Convention de Genève.

Le premier ministre israélien Ehud Olmert a déclaré « user de moyens extrêmes » (sic) pour libérer le caporal de son armée. Ce que Mahmoud Abbas, condamnant l’invasion, a qualifié de « punition collective ».

Le rapt des 64 ministres et élus, lui, intervient également dans un contexte particulier : celui, pour la première fois, d’un accord politique et stratégique entre le Fatah et le Hamas. Cet accord, qui en appelle à l’unité nationale, en appelle aussi à la fondation d’un Etat palestinien dans les territoires occupés par Israël depuis 1967. La communauté internationale ne s’y est pas trompée qui y a lu une reconnaissance implicite de l’Etat d’Israël dans ces frontières. Reconnaissance dont la réciproque n’est toujours pas à l’ordre du jour puisque, treize ans après les accords d’Oslo, l’Etat d’Israël continue à refuser de reconnaître le droit du peuple palestinien à un Etat indépendant dans les frontières de 1967.

En fait, la volonté affichée du gouvernement israélien de « détruire le gouvernement palestinien » répond à un objectif lui aussi énoncé : fixer unilatéralement les frontières, en intégrant au territoire israélien les grands blocs de colonies, un « grand » Jérusalem, qui s’étend de Ramallah au nord à Bethléem au sud et à Jéricho à l’Est, et aussi la vallée du Jourdain. En fait, en annexant toutes les zones incluses dans le réseau de murs qui se construit profondément dans le territoire palestinien de Cisjordanie, en violation des recommandations de la Cour internationale de justice et de la résolution des Nations unies d’août 2004. Un objectif aux antipodes du droit international et qui rendrait évidemment caduque toute perspective d’Etat palestinien indépendant et viable. Pour parvenir à un tel objectif, le gouvernement israélien a choisi une stratégie : l’unilatéralisme. En refusant de reconnaître toute légitimité à un interlocuteur palestinien.

Il faut mettre un terme à la guerre imposée au peuple palestinien.

Comme il faut mettre un terme à l’occupation, qui est la première des violences et la source de l’insécurité régionale, à la colonisation, et au siège des territoires palestiniens.

Nous demandons au gouvernement français d’intervenir au sein du conseil de sécurité des Nations unies et auprès de ses partenaires européens pour assurer la protection du peuple palestinien et la libération des prisonniers politiques palestiniens, à commencer par tous les enfants.

Nous demandons au gouvernement français la reconnaissance de la démocratie palestinienne et de ses instances issues des urnes.

Nous demandons au gouvernement français une aide économique conséquente et urgente au peuple palestinien, susceptible de contribuer à mettre un terme aux conséquences du siège israélien, et comme compensation de l’absence de solution politique à une occupation qui n’a que trop duré.

Nous demandons au gouvernement français d’intervenir au sein du conseil de sécurité des Nations unies et auprès de ses partenaires européens pour des sanctions immédiates contre le gouvernement et l’armée d’occupation israéliens, pour que cesse leur impunité.

Nous demandons au gouvernement français d’intervenir au sein du conseil de sécurité des Nations unies et auprès de ses partenaires européens pour la tenue urgente d’une conférence de paix sous l’égide des Nations unies et fondée sur le droit international.



Paris, Le 29 juin 2006.
Association France Palestine Solidarité (AFPS) - 21 ter Rue Voltaire 75011 Paris - afps@france-palestine.org - http://www.france-palestine.org - Tél. : 01 43 72 15 79 - Fax. : 01 43 72 07 25
par Afps publié dans : Palestine
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Jeudi 29 juin 2006
mardi 27 juin 2006.
 

Talents et compétences président donc au tri des candidats africains à l’immigration en France selon la loi Sarkozy dite de « l’immigration choisie » qui a été votée en mai 2006 par l’Assemblée nationale française. Le ministre français de l’Intérieur s’est offert le luxe de venir nous le signifier, en Afrique, en invitant nos gouvernants à jouer le rôle de geôliers de la « racaille » dont la France ne veut plus sur son sol. Au même moment, du fait du verrouillage de l’axe Maroc/Espagne, après les événements sanglants de Ceuta et Melilla, des candidats africains à l’émigration clandestine, en majorité jeunes, qui tentent de passer par les îles Canaries meurent par centaines, dans l’indifférence générale, au large des côtes mauritaniennes et sénégalaises. L’Europe forteresse, dont la France est l’une des chevilles ouvrières, déploie, en ce moment, une véritable armada contre ces quêteurs de passerelles en vue de les éloigner le plus loin possible de ses frontières. Les oeuvres d’art, qui sont aujourd’hui à l’honneur au Musée du Quai Branly, appartiennent d’abord et avant tout aux peuples déshérités du Mali, du Bénin, de la Guinée, du Niger, du Burkina-Faso, du Cameroun, du Congo. Elles constituent une part substantielle du patrimoine culturel et artistique de ces « sans visa » dont certains sont morts par balles à Ceuta et Melilla et des « sans papiers » qui sont quotidiennement traqués au coeur de l’Europe et, quand ils sont arrêtés, rendus, menottes aux poings à leurs pays d’origine. Dans ma « Lettre au Président des Français à propos de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique en général », je retiens le Musée du Quai Branly comme l’une des expressions parfaites de ces contradictions, incohérences et paradoxes de la France dans ses rapports à l’Afrique.

A l’heure où celui-ci ouvre ses portes au public, je continue de me demander jusqu’où iront les puissants de ce monde dans l’arrogance et le viol de notre imaginaire. Nous sommes invités, aujourd’hui, à célébrer avec l’ancienne puissance coloniale une oeuvre architecturale, incontestablement belle, ainsi que notre propre déchéance et la complaisance de ceux qui, acteurs politiques et institutionnels africains, estiment que nos biens culturels sont mieux dans les beaux édifices du Nord que sous nos propres cieux. Je conteste le fait que l’idée de créer un musée de cette importance puisse naître, non pas d’un examen rigoureux, critique et partagé des rapports entre l’Europe et l’Afrique, l’Asie, l’Amérique et l’Océanie dont les pièces sont originaires, mais de l’amitié d’un Chef d’Etat avec un collectionneur d’oeuvre d’art qu’il a rencontré un jour sur une plage de l’île Maurice. Les trois cent mille pièces que le Musée du Quai Branly abrite constituent un véritable trésor de guerre en raison du mode d’acquisition de certaines d’entre elles et le trafic d’influence auquel celui-ci donne parfois lieu entre la France et les pays dont elles sont originaires. Je ne sais pas comment les transactions se sont opérées du temps de François 1er, de Louis XIV et au XIXième siècle pour les pièces les plus anciennes. Je sais, par contre, qu’en son temps, Catherine Trautman, à l’époque ministre de la culture de la France dont j’étais l’homologue malienne, m’avait demandé d’autoriser l’achat pour le Musée du Quai Branly d’une statuette de Tial appartenant à un collectionneur belge. De peur de participer au blanchiment d’une oeuvre d’art qui serait sortie frauduleusement de notre pays, j’ai proposé que la France l’achète (pour la coquette somme de deux cents millions de francs CFA), pour nous la restituer afin que nous puissions ensuite la lui prêter. Je me suis entendue dire, au niveau du Comité d’orientation dont j’étais l’un des membres que l’argent du contribuable français ne pouvait pas être utilisé dans l’acquisition d’une pièce qui reviendrait au Mali. Exclue à partir de ce moment de la négociation, j’ai appris par la suite que l’Etat malien, qui n’a pas de compte à rendre à ses contribuables, a acheté la pièce en question en vue de la prêter au Musée. Alors, que célèbre-t-on aujourd’hui ?

S’agit-il de la sanctuarisation de la passion que le Président des Français a en partage avec son ami disparu ainsi que le talent de l’architecte du Musée ou les droits culturels, économiques, politiques et sociaux des peuples d’Afrique, d’Asie, d’Amérique et d’Océanie ?

Le Musée du Quai Branly est bâti, de mon point de vue, sur un profond et douloureux paradoxe à partir du moment où la quasi totalité des Africains, des Amérindiens, des Aborigènes d’Australie, dont le talent et la créativité sont célébrés, n’en franchiront jamais le seuil compte tenu de la loi sur l’immigration choisie. Il est vrai que des dispositions sont prises pour que nous puissions consulter les archives via l’Internet. Nos oeuvres ont droit de cité là où nous sommes, dans l’ensemble, interdits de séjour. A l’intention de ceux qui voudraient voir le message politique derrière l’esthétique, le dialogue des cultures derrière la beauté des oeuvres, je crains que l’on soit loin du compte. Un masque africain sur la place de la République n’est d’aucune utilité face à la honte et à l’humiliation subies par les Africains et les autres peuples pillés dans le cadre d’une certaine coopération au développement. Bienvenue donc au Musée de l’interpellation qui contribuera - je l’espère - à édifier les opinions publiques française, africaine et mondiale sur l’une des manières dont l’Europe continue de se servir et d’asservir d’autres peuples du monde tout en prétendant le contraire. Pour terminer je voudrais m’adresser, encore une fois, à ces oeuvres de l’esprit qui sauront intercéder auprès des opinions publiques pour nous.

« Vous nous manquez terriblement. Notre pays, le Mali et l’Afrique tout entière continuent de subir bien des bouleversements. Aux Dieux des Chrétiens et des Musulmans qui vous ont contesté votre place dans nos c ?urs et vos fonctions dans nos sociétés s’est ajouté le Dieu argent. Vous devez en savoir quelque chose au regard des transactions dont certaines nouvelles acquisitions de ce musée ont été l’objet.. Il est le moteur du marché dit OE’libre’’ et OE’concurrentiel’’ qui est supposé être le paradis sur Terre alors qu’il n’est que goufre pour l’Afrique. Appauvris, désemparés et manipulés par des dirigeants convertis au dogme du marché, vos peuples s’en prennent les uns aux autres, s’entretuent ou fuient. Parfois, ils viennent buter contre le long mur de l’indifférence, dont Schengen. N’entendez-vous pas, de plus en plus, les lamentations de ceux et celles qui empruntent la voie terrestre, se perdre dans le Sahara ou se noyer dans les eaux de la Méditerranée ? N’entendez-vous point les cris de ces centaines de naufragés dont des femmes enceintes et des enfants en bas âge ? Si oui, ne restez pas muettes, ne vous sentez pas impuissantes. Soyez la voix de vos peuples et témoignez pour eux. Rappelez à ceux qui vous veulent tant ici dans leurs musées et aux citoyens français et européens qui les visitent que l’annulation totale et immédiate de la dette extérieure de l’Afrique est primordiale. Dites-leur surtout que libéré de ce fardeau, du dogme du tout marché qui justifie la tutelle du FMI et de la Banque mondiale, le continent noir redressera la tête et l’échine. »

Aminata TRAORE
Essayiste et ancienne Ministre de la culture et du Tourisme du Mali
sur le site de RESF

par Aminata TRAORE publié dans : Sans papiers / travailleurs immigrés
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Jeudi 29 juin 2006
Rassemblement Samedi 1er Juillet 2006
16h Place de la comédie
Montpellier

APF34, CCIPPP34, AFPS34

APPEL A TOUS/ES LES DEMOCRATES, ELUS/ES, HOMMES ET FEMMES EPRIS DE  JUSTICE ET DE PAIX :

A Gaza,

Au prétexte de l’enlèvement d’un soldat, membre de l’armée  d’occupation israélienne, le gouvernement israélien vient de  déclencher à Gaza ET en Cisjordanie une offensive sans précédent  contre le peuple palestinien, son gouvernement et tous ses  représentants.

La propagande du Premier ministre israélien Ehoud Olmert a annoncé  une "opération limitée" visant des "infrastructures terroristes" dans  le sud de la Bande de Gaza.

En deux jours l’invasion de Gaza par le sud et le nord se confirme.  Raids aériens, bombardements, tirs de missiles par hélicoptères, tirs  d’obus par les chars, bombes sonores la nuit pour terroriser la  population. En guise d’infrastructures terroristes, les bombardements  ont détruit trois ponts, l’université de Gaza, la centrale électrique  qui alimentait 75% de la population sans compter de nombreuses  maisons et infrastructures routières détruites pat le passage des  chars. Si l’on en croit les déclarations de l’armée israélienne  reprises, hélas, par les medias il n’y aurait ni mort ni blessé,  comme si les mêmes bombes, obus, missiles israéliens qui dans les  dernières trois semaines ont tué plus de 14 personnes dont 5 enfants  étaient miraculeusement devenues inoffensives !

En Cisjordanie,

Mais l’agression se mène également en Cisjordanie où l’armée  israélienne a repris le contrôle des villes et effectué divers raids  pour s’attaquer directement aux élus palestiniens.

Ce jeudi 29 juin 2006 à l’aube, en violation de toutes les lois,  l'armée israélienne a arrêté huit ministres et 20 députés  palestiniens dont le ministre du Travail Mohammed Barghouti, ainsi  que deux députés palestiniens.

Selon des médias israéliens, encore d'autres parlementaires ont été  arrêtés à Jérusalem et dans d'autres villes. Selon des responsables  de la sécurité palestinienne, le maire de la ville de Kalkiliya et  son adjoint ont été arrêtés, toujours en Cisjordanie.

Le seul argument avancé par l’occupant est que ces élus sont membre  du Hamas. Et à la question posée ce matin par un journaliste de  France inter à un représentant de l’armée israélienne : Si vous  retrouvez votre soldat allez vous relâcher ces élus ? Celui-ci a  répondu : « ils sont arrêtés pour leur appartenance à une  organisation terroriste ». Ce qui signifie qu’ils ne seront pas  libérés, mais jugés par Israël et emprisonnés.

Voilà le vrai visage de « l’opération limitée» israélienne :  démanteler par la force et les armes le gouvernement palestinien  démocratiquement élu.

En d’autres lieux et de tout temps ça s’appelle un coup d’état !

Il était d’autant plus urgent que la quasi totalité des forces  politiques dont les deux plus importantes : le Fatah et le Hamas  viennent de signer un accord basé sur le « Manifeste des prisonniers  » et ainsi mettre fin aux affrontements entre elles.

Allons-nous laisser le gouvernement israélien franchir une étape de  plus dans le reniement du Droit et de la démocratie ?

- Pour le retrait immédiat des forces d’ocupation de Gaza et  Cisjordanie !

- Pour la libération immédiate de tous les élus palestiniens

C’est l’occupation israélienne qu’il faut sanctionner !


par APF34, CCIPPP34, AFPS34 publié dans : Palestine
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Mardi 27 juin 2006
NOUVELOBS.COM | 27.06.06 | 16:10

Devant l'affluence de sans-papiers venus déposer un dossier de régularisation, les CRS sont intervenus "brutalement", mardi matin à Paris, pour les disperser.

F ace à l'affluence de sans-papiers venus déposer des dossiers de régularisation dans un centre du XVIIème arrondissement parisien, les CRS sont intervenus mardi 27 juin au matin.
Les étrangers en situation irrégulière sont de plus en plus nombreux ces derniers jours devant les centres de réception des étrangers pour déposer des dossiers de régularisation dans le cadre de la circulaire Sarkozy qui permet de régulariser, sous certaines conditions précises, les familles ayant des enfants scolarisés en France.
Environ 1.000 étrangers attendaient mardi matin devant un centre de réception des étrangers. Selon un communiqué du syndicat Sud Education, "mardi à 9h00, devant l'afflux de candidats venus déposer leur dossier au CRE rue Truffaut dans le 17e, les CRS ont été appelés à intervenir et commencent à dégager brutalement les sans-papiers venus déposer leurs dossiers". Sur place, des policiers étaient présents afin d'organiser la longue file d'attente sur le trottoir devant l'entrée de cette antenne de la préfecture.

Files d'attente
 

Plusieurs centaines d'étrangers, principalement asiatiques, attendaient dans le calme de pouvoir déposer leurs dossiers de régularisation, selon les critères de la circulaire Sarkozy parue mi-juin permettant, sous certaines conditions, à des familles ayant des enfants scolarisés sans-papiers de bénéficier d'un titre de séjour.
Cette file d'attente s'est formée depuis lundi. Certains ont même passé la nuit devant l'antenne préfectorale à attendre, en se relayant.
Par ailleurs, selon des parents d'élèves et des membres du Réseau éducation sans frontières (RESF), d'autres files d'attente du même ordre se forment progressivement devant des permanences associatives pour bénéficier de cette circulaire, avant la fin du sursis du 30 juin.

Nomination d'un médiateur national

Par ailleurs, Nicolas Sarkozy a annoncé qu'il nommera mercredi "un médiateur national qui harmonisera la politique dans l'ensemble des départements" concernant les cas des élèves sans papiers et de leurs familles.
Face à ces situations, Nicolas Sarkozy a jugé mardi "irresponsable" la solution qui consisterait à régulariser ces familles.
Cela reviendrait à "créer alors une nouvelle filière d'immigration légale que plus personne ne pourra contrôler", a-t-il affirmé. "Et à l'arrivée vous aurez le racisme et la xénophobie". Lors de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, il a dit vouloir "traiter tous ces cas avec fermeté et avec humanité". "J'ai donc demandé qu'on étudie chaque cas un par un". Et "je suis sûr que le Parti socialiste, qui a très largement contribué par son laxisme à créer cette situation, ne se permettra pas de donner des leçons", a lancé le ministre d'Etat.
par Nouvel o publié dans : Sans papiers / travailleurs immigrés
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Lundi 26 juin 2006
HAITI - CHEZ COCA, LES OUVRIERS TRINQUENT

Appel n° 297 (du 15 juin au 15 septembre 2006) du  Réseau Peuples Solidaires

Il y a peu d’endroits au monde où Coca-Cola, leader mondial de la boisson gazeuse, ne soit pas encore implanté. Chaque jour, il se consomme 1,2 milliard de bouteilles de sodas sorties de ses usines et filiales [1], une pour cinq habitants de la planète. Mais chaque jour également, les droits humains sont bafoués dans l’empire Coca-Cola. Répression de syndicalistes en Colombie et au Guatemala ; pollution des nappes phréatiques et intoxication des consommateurs en Inde... Les accusations pleuvent sur la firme. Cependant, loin de baisser les bras, les mouvements de protestation s’organisent et obtiennent des résultats concrets. Aujourd’hui, ce sont les ouvriers de la brasserie La Couronne - Coca-Cola, en Haïti, qui ont besoin de notre solidarité. Appuyés par le syndicat Batay Ouvriye, ils lancent un appel pour faire face à la "pratique répressive générale contre les travailleurs" de l’entreprise.

En 2001 déjà, le Comité des travailleurs de La Couronne Port-au-Prince s’insurge contre les conditions “d’exploitation féroce” de production et les pratiques illégales des propriétaires de leur usine. Pour un salaire quotidien de 50 gourdes (environ 1 euro), les ouvriers travaillent jusqu’à 12 heures par jour, six jours sur sept. Le calcul est simple : une fois déduits les frais de repas et de transport, il ne reste plus que quelques gourdes au salarié pour (sur)vivre.

A cette époque, le Comité dénonce aussi les dimanches et jours fériés où les employés sont obligés de revenir, mais payés comme des jours normaux.

Cinq ans plus tard, les choses n’ont hélas guère changé chez cet embouteilleur de Coca-Cola. Cette fois, c’est le Syndicat des Travailleurs de la Brasserie La Couronne - Branche Nord qui, avec l’appui de l’Intersyndicale du Premier Mai Batay Ouvriye, dresse la liste des violations des droits économiques et sociaux.

Salaire de base illégal

Les gardiens aux barrières, appelés “manutentionnaires”, ne gagnent que 100gourdes par jour pour... 12 heures de travail. Leurs heures supplémentaires ne sont pas payées.

Ceux qui soulèvent les caisses de bouteilles ne sont pas mieux lotis. Ils perçoivent un salaire de base de 50 gourdes par jour, un montant inférieur au salaire minimum légal [2]. . Certes, ce salaire est censé être complété par des commissions sur les ventes de... 3 centimes de gourdes par caisse de 24 bouteilles vendue. Sauf qu’en cas d’arrêt de la vente pour une raison ou une autre (panne de camion par exemple), ces commissions ne sont pas perçues. La loi haïtienne est pourtant claire sur ce point : c’est le salaire de base qui constitue le salaire, toute autre forme de rémunération n’est qu’encouragement et ne saurait compter comme salaire fixe. En moyenne, les syndicats ont calculé que 60 gourdes viennent s’ajouter au salaire de base, la rémunération atteignant alors 110 gourdes (un peu plus de 2 euros), une rémunération indécente surtout lorsqu’on songe à la pénibilité du travail.

Le sombre inventaire ne s’arrête pas là. ”Bouteilles cassées... sont de la responsabilité des ouvriers ! Contraventions, pour avoir tenté de livrer la marchandise dans des rues étroites... leur reviennent !” note le texte d’appel à solidarité. Quant aux jours de congés, ils ne sont pas respectés. Enfin, des retenues sont prélevées sur les salaires pour l’assurance vieillesse et l’assurance maladie, sans qu’aucun travailleur ne connaisse leur destination véritable, ni leur utilité.

Dialogue rompu par le propriétaire

Pour faire face à ces violations, les ouvriers se sont organisés. Non sans mal, les salariés de la brasserie du Cap Haïtien parviennent ainsi à créer un syndicat en août 2005 et obtiennent l’attestation de reconnaissance légale du Ministère des Affaires Sociales et du Travail. Une première réunion a lieu en septembre avec la direction, portant notamment sur les salaires et les heures supplémentaires non payées depuis 8 mois. Des accords sont trouvés sur plusieurs points. Cependant, deux mois plus tard, les propriétaires de l’usine ne respectent aucun de leurs engagements.

Deux actes de répression vont venir ajouter à l’exaspération des travailleurs, provoquant plusieurs arrêts de travail et grèves légales. Tout d’abord, le chauffeur Gérard Petit-Frère est accusé par la compagnie, sans preuve, de vol dans la caisse du camion de livraison. Le véhicule était pourtant stationné à l’intérieur de la maison et la direction est la seule à détenir la clé de cette caisse. Il subira deux mois d’emprisonnement avant d’être libéré, sans jugement.

Ensuite, la direction régionale de la firme s’en prend à Philomé Cemérant, le trésorier du syndicat. Elle le licencie pour “refus d’obtempérer aux indications, ordres et instructions”, un motif contesté par le Ministère des Affaires sociales qui recommande sa réintégration.

En mai dernier, après plusieurs promesses non tenues, le propriétaire de l’usine, Raymond Jaar, décide de couper le contact avec les représentants syndicaux et refuse même de les recevoir. Ces derniers se déclarent donc “obligés de passer à une autre étape pour publiquement dénoncer la Brasserie La Couronne Coca-Cola en Haïti”.

POUR EN SAVOIR PLUS :

Bataye Ouvriye :

Le Réseau-Solidarité a déjà relayé plusieurs appels de l’intersyndicale du Premier Mai - Batay Ouvriye. Les plus récents sont :
- n° 271 : “Haïti - Mensonges en zone franche” (mars 2004)
- n° 262 : “Haïti - Intimidations policières” (juin 2003)
- n° 250 : “Haïti - Du sang dans les plantations” (juin 2002)

Dans le cadre de son rapport annuel 2006 sur la violation des droits syndicaux dans le monde, la Confédération Internationale des Syndicats Libres présente le témoignage de Georges Macès, syndicaliste de la zone franche de Ouanaminthe, qui faisait l’objet de notre appel en mars 2004. www.icftusurvey.org/audio_video/clips/haiti_fr.htm

Coca-Cola et Pepsi-Cola :
Les deux multinationales sont très attachées à la qualité de leurs productions, quel qu’en soit le lieu de fabrication. En revanche, elles sont moins soucieuses des conditions de travail dans leurs usines et chez leurs sous-traitants (campagnes précédentes du Réseau-Solidarité en 1984, 2002 et 2004). www.cokewatch.org

COMMENT AGIR ?

Par lettre : vous pouvez copier le modèle ci-dessous ou le télécharger directement (pièce jointe en bas de page).

Envoyez au destinataire par e-mail et/ou par voie postale, sans oublier d’inscrire vos coordonnées et de signer. Timbre : 0,90 €

Coupon partenaire : pour que Batay Ouvriye ait un aperçu concret des soutiens sur lesquels il peut s’appuyer, retournez-lui votre message de solidarité !

Délai de réaction : dès réception, et jusqu’à septembre 2006.

TEXTE DE LA LETTRE :

A : raymondjaar@bracour.com

M. Raymond JAAR
PDG Brasserie de La Couronne S.A.
Coca-Cola Bottling Company of Haïti
P.O. Box 1477, Port-au-Prince
HAÏTI

M. Jaar,

J’ai été informé-e des abus perpétrés par votre compagnie contre les droits des travailleurs, en particulier le salaire illégal de 50 gourdes par jour et les abus anti-syndicaux. Vous devriez savoir, M. Jaar, que ce type de pratiques illégales se heurte à la dignité humaine fondamentale et ne saurait continuer ni en Haïti, ni dans le monde. C’est pourquoi je vous demande, sans délai, de prendre les mesures nécessaires afin de rectifier cette situation à la Brasserie La Couronne - Coca-Cola Haïti. Le salaire de base des ouvriers doit être correctement ajusté et Philomé Cémérant réintégré à son poste immédiatement, avec paiement des arriérés qui lui sont dus.

Dans l’espoir que vous prendrez ces mesures dans l’esprit d’avancement social en Haïti, recevez, Monsieur, mes sincères salutations.

MESSAGE DE SOLIDARITE :

A : batay@batayouvriye.org

BATAY OUVRIYE

BP 13326
DELMAS
Haïti

Nom - Prénom :

Chers amis et amies de Batay Ouvriyé

Ce message pour vous informer que j’ai participé à l’appel relayé par le Réseau-Solidarité et que j’ai donc écrit à M. Jaar pour qu’il prenne les mesures nécessaires à l’établissement d’un dialogue social véritable à la Brasserie La Couronne.

Je profite de cette occasion pour vous adresser un encouragement à poursuivre votre combat pour la défense des droits économiques, sociaux et culturels en Haïti et dans le monde.

Saluez toute l’équipe syndicale de la Brasserie La Couronne de ma part !

Bien cordialement à vous.

[1] Coca-Cola possède de nombreuses marques comme Fanta, Sprite, Minute Maid, Poweraid...

[2] Le salaire minimum légal est de 70 gourdes depuis 2003. En termes réels, ce salaire n’a cessé de diminuer ces dernières années, contribuant à la détérioration des conditions de vie



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Lettre 297en rtf


par Peuples solidaires publié dans : Caraïbes
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