Jeudi 26 juin 2008
DROITS DEVANT !!
Le 25 juin 2008

Monsieur le Président,

Comme vous le savez, la politique d'immigration menée par la France, et plus généralement par l'Union Européenne, se concentre aujourd'hui principalement sur la répression et la criminalisation des sans-papiers et des candidats à l'émigration, au mépris de leurs droits humains les plus élémentaires. Les sans-papiers, présentés comme des profiteurs ou des délinquants, sont utilisés comme boucs émissaires par une classe politique incapable de résoudre les problèmes économiques et sociaux des sociétés française et européenne.

C'est une véritable chasse aux sans-papiers qui s'installe au quotidien, où seul compte le quota d'arrestations et d'expulsions à atteindre, où la dimension humaine s'efface complètement derrière l'obsession du chiffre et de la froide rentabilité. Les conséquences de cette politique, ce sont la peur au quotidien, des familles déchirées, des vies brisées. Cela va parfois même jusqu'à la mort, comme dernièrement pour le sans-papiers tunisien placé dans le « centre de rétention administrative » de Vincennes (près de Paris), alors que son état de santé n'était apparemment pas compatible avec l'emprisonnement. La révolte des détenus puis l'incendie qui ont suivi ce décès montrent bien l'absurdité de cette politique d'industrialisation de l'expulsion.

La militarisation des frontières de l'Europe qui est le corollaire de cette politique est également directement responsable des drames qui se produisent régulièrement dans l'Atlantique ou la Méditerranée, puisqu'elle oblige les candidats au départ à prendre toujours plus de risques pour contourner les nouvelles barrières qui sont érigées.

Cette situation inacceptable concerne directement des milliers de vos compatriotes qui vivent et travaillent en France, depuis des années, mais qui sont pourtant toujours privés de titre de séjour. Comment accepter que ces hommes, femmes, familles, subissent la peur quotidienne de l'expulsion, alors qu’ils ont toutes et tous une place légitime dans la société française, élèvent leurs enfants et contribuent par leur travail à l’économie des deux pays ?

Le récent mouvement des travailleurs sans-papiers – notamment algériens – qui se sont mis en grève dans des dizaines d'entreprises françaises pour exiger leur régularisation a en effet permis de démasquer une hypocrisie entretenue par le patronat et le gouvernement français : tous les sans-papiers travaillent, qu'ils soient déclarés, en contrat à durée indéterminée, en interim, ou « au noir ». Ils apportent une contribution fondamentale à l'économie française, dans des secteurs manquant de main d'œuvre comme la restauration, le bâtiment, le nettoyage, le jardinage, les services à la personne... en même temps qu'ils sont des acteurs majeurs du développement de leurs pays d'origine par l'argent qu'ils y rapatrient. Ils sont les « délocalisés sur place » des secteurs d'activité non délocalisables. Ils effectuent les tâches les plus pénibles dans des conditions de travail indignes, pour le plus grand bénéfice d'un patronat qui connaît parfaitement leur situation et en profite largement.

Dans ce contexte, nous souhaitons vous interpeller sur deux points qui concernent particulièrement les travailleurs sans-papiers algériens en France :

- L'administration française, vous le savez, doit disposer d'un document de voyage (passeport ou laissez-passer consulaire) pour pouvoir procéder à une expulsion. La plupart des sans-papiers étant dépourvus de passeport valide, l'administration française se tourne donc
quotidiennement vers les consulats algériens pour obtenir lesdits laissez-passer, et, bien trop souvent, ces consulats accèdent aux demandes françaises. Chaque expulsion est un drame personnel, une vie brisée. C'est aussi bien souvent une catastrophe pour la famille restée au pays, qui jusque là bénéficiait de l'argent rapatrié. C'est enfin un véritable racket organisé par l'État français, qui encaisse, après les avoir expulsés, les cotisations sociales (maladie, chômage, retraite) versées par les travailleurs sans-papiers durant leur séjour en France.
Pour ces raisons, nous vous demandons que soit mis fin à la politique de délivrance des laissez-passer par les consulats algériens en France.

- La loi française du 20 novembre 2007 a introduit la possibilité de régulariser des travailleurs et travailleuses sans-papiers, sur la base de leurs fiches de paye ou d'une promesse d'embauche. Cette disposition a déjà été appliquée à environ 500 travailleurs sans-papiers en grève qui, par leur courage et leur détermination, ont obligé le gouvernement
français à les régulariser. Mais le gouvernement français affirme que cette possibilité de « régularisation par le travail » ne s'applique pas aux ressortissants algériens. Il invoque le fait que l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, qui régit la délivrance des titres de séjours aux algériens résidant en France, ne prévoit pas cette possibilité de régularisation par le travail. Il s'agit à l'évidence d'une décision politique arbitraire, puisque l'administration française dispose d'un pouvoir discrétionnaire en matière de régularisation. Il y a donc manifestement une discrimination spécifique à l'encontre des  travailleurs sans-papiers algériens. Nous demandons donc à votre gouvernement d'intervenir auprès du gouvernement français pour lui demander de mettre fin à cette discrimination inacceptable en procédant à la régularisation de tous les travailleurs sans-papiers algériens en France.

Nous savons les pressions intenses, politiques et économiques, que le gouvernement français exerce pour imposer à tout prix sa politique « d'immigration choisie », qui s’inscrit dans la continuité du colonialisme.

Refuser cette politique est une impérieuse nécessité pour ces milliers de citoyennes et citoyens algériens qui, au regard de l’histoire, ont la légitimité de vivre et travailler en France.

Recevez, Monsieur le Président, l'expression de notre haute considération.


DES TRAVAILLEUSES ET TRAVAILLEURS SANS-PAPIERS DE L’ASSOCIATION DROITS DEVANT !!

Les co-présidents :
Monseigneur Jacques GAILLOT
Professeur Albert JACQUARD

Le porte parole :
Jean-Claude AMARA

La secrétaire générale :
Denise CHAUTARD
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Vendredi 20 juin 2008
Traduction du bilan de l’initiative antiraciste de Milan

Les 13 et 14 juin s’est déroulée l’initiative organisée par le Comité antiraciste milanais avec la communauté des Roms de la Via Barzaghi-Triboniano qui vivent sur les « camps légalisés » gérés par la Casa della Carita (ndt :l’organisation humanitaire Caritas) et présentés comme les modèles d’intégration les plus avancés possibles pour la population rom. En réalité ces dernières semaines, comme toutes les installations roms de la ville, ces camps représentent la base d’expérimentation de la nouvelle ligne politique milanaise en matière de « sécurité » signée De Corato-Salvini-Penati (ndt : élus municipaux milanais) et textuellement de « diminuer par deux le nombre de tziganes de la cité » et « d’éliminer tous les camps et les bidonvilles ».

En d’autres termes : contrôles partout, fichage sur une base ethnique avec comme finalité explicite les évacuations de terrains et les expulsions du pays.

Vendredi 13 juin autour de 300 personnes, brisant l’interdiction imposée par la police et la municipalité, se sont retrouvées pour une fête à l’intérieur des camps. Malgré la présence asphyxiante de la police, qui a essayé par tous les moyens d’empêcher toute tentative de donner un sens politique à cette initiative des stands ont été installés et une petite assemblée informelle s’est déroulée sur les camps, commençant à « détruire le mur qui les encage » (ndt : un règlement intérieur à l’initiative de la municipalité et de Caritas interdit toute entrée de visiteurs dans les camps) et surtout permettant la préparation de la manifestation du lendemain.

La manifestation de samedi 14 juin a vu la présence d’à peu près 800 personnes qui ont défilé dans les rues du quartier avec un cortège d’une cent cinquantaine de Roms, avec beaucoup de femmes et d’enfants derrière une banderole : « Opprimés mais pas soumis », manifestation dynamique avec des slogans criés : « Stop au racisme », « Maison, travail, justice, liberté »…. La manifestation a fait émerger la nécessité de lutter pour une unique alternative possible : l’organisation unitaire de base de tous les exploités et de tous les opprimés, contre les patrons et contre leurs serviteurs, de droite et de gauche.

Le cortège s’est déroulé malgré l’interdiction formelle de la police, sur l’exigence de la droite milanaise avec la complicité explicite de la « gauche » qui, à travers une réelle et propre campagne jouant sur les peurs, tant au niveau médiatique qu’à l’intérieur des camps, ont tout fait pour casser l’initiative.

Malgré un nombre insuffisant de manifestants (par exemple pour casser le barrage policier, en fin de cortège, qui empêchait les manifestants avec les Roms de clôturer ensemble cette journée à l’intérieur des camps), il s’est agi d’une importante étape pour le travail de construction du comité antiraciste au niveau de la cité et par les liens qui ont été construits à l’échelle nationale et pas seulement. En effet, au cours de ces deux jours des délégations provenant de Turin, Gènes, Florence, Parme, Bologne, Rovereto, Varese, Naples, Lugano et Paris.

L’assemblée qui a conclu cette initiative a donc défini les prochaines pistes pour continuer la lutte.

Une lutte toujours plus fondamentale quand on pense à la politique gouvernementale d’une croissante militarisation déclarée et renforcée par la récente visite de Maroni (ndt : ministre actuel de l’intérieur) à Milan, qui a l’intention à l’aide des appareils d’Etat de travailler pour « garantir l’ordre public ».

/Une réunion nationale est prévue à Rome le 22 juin du Comité des Immigrés en Italie./

/Une autre est prévue le 25 juin à Milan pour continuer et accentuer le travail localement./

Le Comité antiraciste de Milan

Lien photos : http://www.flickr.com/photos/nenenabou/sets/72157605649039161/show/

    G   L   O   B   E   _   L
   
  s a m i z d a t . n e t
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Vendredi 20 juin 2008
"Appel à résistance, la chasse est ouverte"...

Sur le site du Ministère des Affaires Populaires son nouveau clip : "la chasse est ouverte".
 
Ca se trouve sur là : http://www.map-site.fr/
 
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Mercredi 18 juin 2008

De : 
expulsesmaliensbasta@yahoo.fr
 

 L'AME vous informe de ce qui s'est passé lors du sit in devant l'Assemblée Nationale du Mali le 17 juin 2008 en protestation à la venue de Stefanini.

A peine nous étions en place devant l'Assemblée Nationale, encore peu nombreux à 9h ce matin; que nous nous sommes faits jetés brutalement par un dispositif important de policiers qui ont cassé avec violence nos pancartes et ensuite ont tabassé des personnes (manifestants et passants). Mahamadou Keita, secrétaire général de l'AME, a été violemment frappé à l'épaule.
Nous n'avons pas pu nous exprimer et ni remettre les lettres destinées au président de l'Assemblée Nationale et au président de la commission des affaires étrangères à l'Assemblée Nationale.
La presse est venue au moment de la dispersion et a pu interviewer le président, Ousmane Diarra.
Sur les négotiations en cours, voir deux articles en ligne
http://www.lemali.fr/mali/immigration/immigration:-le-mali-signera%11t%11il-
l%92accord-de-readmission-?-2008060513769.html


http://www.french.xinhuanet.com/french/2008-06/06/content_646709.htm
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Mercredi 18 juin 2008
Au nom du peuple de Bolivie, de tous mes frères du monde, je fais appel à la conscience des dirigeants et citoyens pour que ne soit pas approuvé le texte de la "directive retour".

Evo MORALES AYMA
Président de la République de Bolivie
11 juin 2008

 
 Jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'Europe était un continent d'émigrants. Des dizaines de millions d'habitants partirent aux Amériques  pour coloniser, échapper aux famines, aux crises financières, aux guerres ou  aux totalitarismes européens et à la persécution des minorités ethniques.
Aujourd'hui, je suis avec préoccupation le processus de la dite "directive retour".

Ce texte, validé le 5 juin dernier par les ministres de l'Intérieur des 27 pays de l'Union européenne, doit être approuvé le 18 juin par le Parlement européen. Je perçois qu'il durcit de manière drastique les conditions de détention et d'expulsion des migrants sans papier, quelqu'ait été leur temps de séjour dans les pays européens, leur situation de travail, leurs liens  familiaux, leur volonté et le succès de leur intégration.

  Les Européens sont arrivés dans les pays d'Amérique latine et d'Amérique du  Nord, en masse, sans visa, ni conditions imposées par les autorités. Ils  furent toujours bienvenus, et le demeurent, dans nos pays du continent américain, qui absorbèrent alors la misère économique européenne et ses crises politiques. Ils vinrent sur notre continent en exploiter les  richesses et les transférer en Europe, avec un coût très élevé pour les  peuples premiers de l'Amérique. Comme par exemple dans le cas de notre Cerro  Rico de Potosi et de ses fabuleuses mines qui donnèrent sa masse monétaire au continent européen entre le XVIe et le XIXe siècle. Les personnes, les  biens, les droits des migrants européens furent toujours respectés.

 Aujourd'hui, l'Union européenne est la principale destination des migrants du monde, conséquence de son image positive d'espace de prospérité et de  libertés publiques. L'immense majorité des migrants viennent dans l'Union européenne pour contribuer à cette prospérité, non pour en profiter. Ils  occupent les emplois de travaux publics, dans la construction, les services aux personnes et dans les hôpitaux, que ne peuvent ou ne veulent occuper les Européens. Ils contribuent au dynamisme démographique du continent européen, à maintenir la relation entre actifs et inactifs qui rend possible ses généreux systèmes de solidarité sociale et dynamisent le marché interne et la cohésion sociale. Les migrants offrent une solution aux problèmes démographiques et financiers de l'UE.

 Pour nous, nos émigrants représentent l'aide au développement que les  Européens ne nous donnent pas - vu que peu de pays atteignent réellement l'objectif minimum de 0,7 pc du PIB d'aide au développement. L'Amérique  latine a reçu, en 2006, 68 milliards de dollars de transferts financiers de ses émigrés, soit plus que le total des investissements étrangers dans nos  pays. Au niveau mondial, ces transferts atteignent 300 milliards de dollars, qui dépassent les 104 milliards de dollars octroyés au nom de l'aide au développement. Mon propre pays, la Bolivie, a reçu plus de 10 pc de son PIB  en transferts de fond des migrants (1,1 milliard de dollars), soit un tiers de nos exportations annuelles de gaz naturel.

 Il apparaît que les flux de migration sont bénéfiques pour les Européens et, de manière marginale, aussi pour nous du Tiers-Monde, vu que nous perdons des millions de personnes de main-d'oeuvre qualifiée en laquelle, d'une manière ou d'une autre, nos Etats, bien que pauvres, ont investi des ressources humaines et financières. Il est regrettable que le projet de  "directive retour" complique terriblement cette réalité. Si nous concevons que chaque Etat ou groupe d'Etats puisse définir ses politiques migratoires en toute souveraineté, nous ne pouvons accepter que les droits fondamentaux des personnes soient déniés à nos compatriotes et à nos frères latino-américains.
 
La directive retour prévoit la possibilité d'un enfermement des migrants sans papier jusqu'à 18 mois avant leur expulsion - ou "éloignement" selon le  terme de la directive. Dix-huit mois ! Sans procès, ni justice ! Tel qu'il est, le projet de directive viole clairement les articles 2, 3, 5, 6, 7, 8 et 9 de la Déclaration universelle des droits de l'Homme de 1948. Et en  particulier l'article 13 qui énonce : "1. Toute personne a le droit de  circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un Etat. 2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de  revenir dans son pays." Et, pire que tout, il existe la possibilité d'emprisonner des mères de familles et des mineurs, sans prendre en compte  leur situation familiale ou scolaire, dans ces centres de rétention où nous savons que surviennent des dépressions, des grèves de la faim, des suicides.

Comment pouvons-nous accepter sans réagir que soient concentrés dans ces camps nos compatriotes et frères latino-américains sans papiers, dont l'immense majorité travaillent et s'intègrent depuis des années ? De quel côté est aujourd'hui le devoir d'ingérence humanitaire ? Où est la "liberté de circuler", la protection contre les emprisonnements arbitraires ?

 Parallèlement, l'Union européenne tente de convaincre la Communauté andine des nations (Bolivie, Colombie, Equateur, Pérou) de signer un "Accord d'association" qui inclue en son troisième pilier un traité de libre-échange, de même nature et contenu que ceux qu'imposent les Etats-Unis. Nou subissons une intense pression de la Commission européenne pour accepter des conditions de profonde libéralisation pour le commerce, les services financiers, la propriété intellectuelle ou nos services publics. De plus, au nom de la "protection juridique", on nous reproche notre processus de nationalisation de l'eau, du gaz et des télécommunications réalisés le Jour des travailleurs.
 Je demande, dans ce cas : où est la "sécurité juridique" pour nos femmes, adolescents, enfants et travailleurs qui recherchent un horizon meilleur en  Europe ? Promouvoir d'un côté la liberté de circulation des marchandises et des flux financiers, alors qu'en face nous voyons des emprisonnements sans jugement pour nos frères qui ont essayé de circuler librement... Ceci est  nier les fondements de la liberté et des droits démocratiques. Dans ces conditions, si cette "directive retour" devait être approuvée, nous serions dans l'impossibilité éthique d'approfondir les négociations avec l'Union européenne et nous nous réservons le droit d'imposer aux citoyens européens  les mêmes obligations de visas qui nous ont été imposées le 1er avril 2007, selon le principe diplomatique de réciprocité. Nous ne l'avions pas exercé  jusqu'à maintenant, attendant justement des signaux positifs de l'UE.
 
 Le monde, ses continents, ses océans, ses pôles, connaissent d'importantes difficultés globales : le réchauffement global, la pollution, la disparition lente mais sûre des ressources énergétiques et de la biodiversité alors qu'augmentent la faim et la misère dans tous les pays, fragilisant nos sociétés. Faire des migrants, qu'ils soient sans papiers ou non, les boucs émissaires de ces problèmes globaux, n'est en rien une solution. Cela ne correspond à aucune réalité. Les problèmes de cohésion sociale dont souffre l'Europe ne sont pas la faute des migrants, mais le résultat du modèle de  développement imposé par le Nord, qui détruit la planète et démembre les sociétés des hommes.

 Au nom du peuple de Bolivie, de tous mes frères du continent et des régions du monde comme le Maghreb et les pays de l'Afrique, je fais appel à la conscience des dirigeants et députés européens, des peuples, citoyens et  militants d'Europe, pour que ne soit pas approuvé le texte de la "directive retour". Telle que nous la connaissons aujourd'hui, c'est une directive de la honte. J'appelle aussi l'Union européenne à élaborer, dans les prochains  mois, une politique migratoire respectueuse des droits de l'Homme, qui  permette le maintien de cette dynamique profitable pour les deux continents, qui répare une fois pour toutes l'énorme dette historique, économique et écologique que les pays d'Europe ont envers une grande partie du Tiers-Monde, et qui ferme définitivement les veines toujours ouvertes de  l'Amérique latine. Vous ne pouvez pas faillir aujourd'hui dans vos "politiques d'intégration" comme vous avez échoué avec votre supposée  "mission civilisatrice" du temps des colonies.
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