Samedi 16 février 2008

MARSEILLE (AFP) — Les deux syndicats soutenant les salariés grévistes du magasin Carrefour Grand Littoral à Marseille ont appelé samedi à un élargissement du mouvement, en dénonçant des incidents survenus vendredi soir lors d'une intervention des forces de l'ordre.
Selon les syndicats, plusieurs personnes ont été "blessées" vendredi soir par les forces de l'ordre à l'arrivée de deux camions de livraison. Deux d'entre elles, une employée enceinte et un élu communiste du conseil général, ont été transportées à l'hôpital.
La direction de Carrefour a regretté ces incidents samedi, avant une réunion avec les représentants du personnel gréviste destinée à mettre fin au conflit qui dure depuis deux semaines.
"Comment, après ce coup de force, continuer à travailler comme s'il ne s'était rien passé? Nous appelons tous nos collègues à rejoindre le mouvement", ont déclaré la CGT et la CFDT dans un communiqué. Le syndicat Force Ouvrière s'était retiré du mouvement vendredi.
Selon un délégué CFDT, Smail Ait Atmane, des débrayages ont eu lieu samedi matin dans deux autres établissements locaux de l'enseigne, dans le quartier du Merlan à Marseille et à Port-de-Bouc. "Les autres magasins n'ont pas suivi", a-t-il indiqué à l'AFP.
Environ 40 grévistes étaient présents devant l'hypermarché Grand Littoral, selon la même source.
Samedi, une porte-parole de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille a confirmé que deux personnes avaient été prises en charge aux urgences de l'hôpital Nord, en précisant qu'elles étaient ressorties.
La fédération des Bouches-du-Rhône de la Ligue des droits de l'Homme a dénoncé l'intervention des forces de l'ordre.
Selon la préfecture, cette intervention répondait à une décision de justice exécutoire interdisant aux grévistes de bloquer les accès au magasin, y compris pour les livraisons destinées à réapprovisionner les rayons du magasin qui se sont vidés depuis deux semaines.
La direction des hypermarchés Carrefour a pour sa part "regretté" les incidents de vendredi soir, en souhaitant, dans un communiqué, "qu'une issue à ce mouvement soit trouvée rapidement, dans le calme et le dialogue".
Une réunion est prévue samedi à 14H30 entre des représentants de la direction de Carrefour, locale et nationale, et ceux des grévistes.
Payés moins de 1.000 euros net mensuels, ils sont les seuls en France à avoir poursuivi le mouvement depuis la journée d'action nationale dans la grande distribution, il y a 15 jours. Ils réclament une prime exceptionnelle, une revalorisation de leur ticket restaurant de 3 à 4,5 euros et le paiement de la moitié des jours de grève.
La direction de l'hypermarché a proposé une subvention exceptionnelle de 45.000 euros au comité d'entreprise (équivalent à un bon d'achat de 80 euros par salarié), l'étalement des retenues pour jours de grève et deux à trois heures de travail par semaine en plus pour les temps partiels.


Lire l'interview de Amaria Gacemi, déléguée CGT, assistante fabrication à la sandwicherie du Carrefour Grand Littoral sur le blog lcr13
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Mercredi 13 février 2008
Marseille 12 février 2008
MARSEILLE (AFP) — Rideau de fer baissé: le plus grand hypermarché Carrefour de Marseille est resté fermé lundi, au 11e jour de grève de ses caissières, employés de rayon et manutentionnaires qui réclament un geste salarial pour améliorer leurs "950 euros ou moins mensuels".
"On ne demande pas la lune: on veut au moins une chose, que le ticket restaurant qu'on nous donne pour déjeuner passe de 3,05 à 4,50 euros. C'est abordable, non ?", explique Smaïl Aït Atmane, délégué CFDT, syndicat majoritaire dans l'hypermarché Grand Littoral, qui a fermé durant neuf des 11 jours de grève.
"Avec trois euros, on n'a pas assez pour s'acheter un sandwich à la pause. Ca m'étonnerait que mon directeur mange pour trois euros à midi", renchérit Sabine, 31 ans, caissière depuis dix ans qui émarge à 840 euros net par mois pour 30 heures de travail.
Lassés de devoir batailler chaque mois avec un "salaire de misère qui fait que dès le 10 du mois, on n'a plus rien", selon une caissière, plus d'une centaine de salariés (sur les 571) de cet hypermarché ont poursuivi leur grève après la journée d'action nationale dans la grande distribution du 1er février. Ils sont les seuls en France.
Lundi, ils bloquaient avec des chariots vides les entrées au parking de Grand Littoral, un centre commercial qui regroupe magasins et restaurants, en plus de Carrefour, au nord de Marseille.
"Onze jours de grève, c'est dur avec nos salaires mais on est déterminés. On va tenir bon parce qu'on en a assez d'être traités comme des moins que rien", relève Sourigna Manomay, 24 ans, employé au rayon légumes.
Après avoir réclamé une prime exceptionnelle, les salariés sont prêts à y renoncer à condition d'obtenir gain de cause sur les tickets restaurants et d'autres points de revalorisation.
La responsable communication de l'hypermarché, Sylvie Cottin, a indiqué que les "tickets restaurants ne sont de toute façon pas une obligation chez Carrefour" ajoutant que "ce genre de revendication n'a jamais eu gain de cause".
"Nous proposons de revaloriser certains contrats en faisant passer des gens de 30 à 33 heures et une subvention de 35.000 euros au comité d'entreprise", a-t-elle précisé, propositions qualifiées de "poudre de perlimpinpin" par l'intersyndicale.
La direction a demandé lundi une nouvelle médiation à la direction du travail.
La revalorisation des tickets restaurants coûterait environ 198.000 euros annuels quand cet hypermarché Carrefour réalise un chiffre d'affaires d'environ 150 millions d'euros par an, selon un responsable de Grand Littoral.
L'ensemble du centre commercial Grand Littoral subit se son côté une baisse de fréquentation, selon son directeur Alain Pinatel.
Les clients présents disent "comprendre les grévistes". "Je suis solidaire. Ma fille gagne 1.000 euros par mois, je sais combien c'est difficile de s'en sortir", commente Christian Aperçé, venu faire ses courses à pied.
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Dimanche 3 février 2008
CE QUI s’est passé hier chez Carrefour, Auchan, Champion, Monoprix et tant d’autres supermarchés est "historique". C’est la première grève massive des caissières, l’ensemble des enseignes étant touchée et la première fois que les "frères ennemis" du syndicalisme français (CGT, FO, et CFDT) se retrouvent autour d'une cause commune, celle d’un secteur symbole de la précarisation croissante de notre société, et donc des problèmes que rencontre l’écrasante majorité des salariés : de très bas salaires et, pour moitié, du travail à temps partiel. Cette grève, c’est celle du nouveau prolétariat moderne, peu qualifié et à majorité féminine. Même s’il s’est agi de débrayages d’une à deux heures, cette grève est doublement historique. Car comme l’a noté François Chérèque, "Il est difficile de s'arrêter de travailler quand on a la pression du chef (…) et perdre de l'argent pose de graves problèmes lorsqu'on est imposé en dessous du SMIC". D’ailleurs, dans la plupart des reportages parus à ce jour, les grévistes parlent sous couvert d’anonymat, signe que la pression patronale est forte dans ce secteur où les syndicats ont été souvent pourchassés et ne sont implantés qu’avec peine. Jérôme Bédier, le président de la Fédération patronale, a déclaré qu'il ne "comprenait pas" la grève. Alors qu’il a le front d’affirmer que son secteur "n'est pas un secteur d'emploi précaire", il reconnaît qu’il y a 37 % de temps partiels ! Et quels temps partiels ? Pour lui "personne n'est en dessous du Smic en proportion du temps qu'il travaille". Alors qu'il est de bon ton de dire que les 35 heures ont partout été une calamité, les caissières, elles, se battent aujourd'hui pour des contrats de 35 heures. M. Bédier ne peut pas ignorer que l’on impose des temps partiels de 30 heures maximum, avec des amplitudes de travail démentes qui empêchent toute vie de famille. "On ne peut même pas travailler plus pour gagner plus" déclare sous couvert d’anonymat une caissière : "Il peut arriver que nous commencions à 8h le matin et que nous terminions à 21h30, avec une coupure au milieu." Mais au-delà des revendications des caissières, c'est l'avenir de toute la profession qui est en jeu, avec la menace d'automatisation massive des caisses, remettant en cause les emplois de milliers d'employés. Si elle n’est pas "le baroud d'honneur" d'une profession menacée, cette grève pourrait être anticipatrice d’un nouveau mouvement social de la précarité.

Jean-Marcel Bouguereau
source : http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/opinions/commentaires/20080202.OBS8557/une_greve_historique.html
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Vendredi 1 février 2008
La grande distribution devrait connaître ce vendredi un mouvement de grève d'"une ampleur historique", déclare Aline Levron, secrétaire nationale de la Fédération des services de la CFDT.

La CFDT, la CGT et FO, les trois syndicats majoritaires dans le commerce, ont appelé les salariés de toutes les enseignes du secteur à cesser le travail vendredi pour obtenir une amélioration de leurs salaires et de leurs conditions de travail ainsi que le respect du repos dominical.

"Les retours des sites dont nous disposons nous permettent de penser qu'environ 50% des 636.100 salariés de la branche feront grève. Ce sera le cas chez Carrefour, Casino, Auchan, Lidl où chez Picard. Toute la logistique sera touchée. Ce sera du jamais vu", a affirmé à Reuters Aline Levron.

Mardi, lors d'une conférence de presse, les trois syndicats ont souligné qu'ils travaillent dans un secteur où les rémunérations sont souvent inférieures au Smic et où le temps partiel est fréquemment imposé. Ils se sont en outre insurgés contre le travail du dimanche que des salariés à faible pouvoir d'achat n'ont pas le choix de refuser.

Les trois fédérations ont entamé jeudi en fin de matinée avec la Fédération du commerce et de la distribution un troisième round de négociations salariales. Elles ont prévu de se rencontrer le 4 février pour envisager les suites à donner à leur grève si ces négociations devaient échouer.

Noëlle Mennella

source Agence Reuters
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Dimanche 16 décembre 2007
La grève du rail déclenchée samedi par le Syndicat indépendant des cheminots (SIC) risque de s'amplifier en raison de l'association de conducteurs d'autres syndicats à l'action, a-t-on appris auprès d'Infrabel, le gestionnaire de l'infrastructure du réseau ferroviaire.

Selon un point de la situation établi vers 10 heures, la dorsale wallonne ne connaissait pas de problèmes, excepté quelques suppressions le matin. En revanche, de fortes perturbations (moins de la moitié des trains roulent) étaient enregistrées sur les lignes de Bruxelles vers Mons, Tournai, Liège et Charleroi. La ligne Bruxelles-Namur, elle, était opérationnelle à 70%, selon Infrabel. En Flandre, la mobilisation est très forte, avec à peine 35 à 45% des trains qui circulent. (belga)

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