Lundi 12 mai 2008

A propos de la récente décision de la Cour du 3ème circuit
Avril 2008

Le  27 mars 2008, Mumia Abu- Jamal s’est vu rejeter, par deux voix contre une, son appel à un nouveau procès par la Cour d’appel du 3eme circuit. L’un des faits avancés dans l’argumentaire de la défense avait pourtant, à lui seul, permit la libération d’un condamnés à mort, avant lui, par la même Cour.

Le lundi 7 avril 2008, Mumia Abu-Jamal s’est entretenu par téléphone depuis la prison avec Minister of Information J.R. et Fred Hampton Jr de POCC Block Report Radio à propos de cette récente décision de justice.
Cet enregistrement a été diffusé sur Flash Point le même jour.
Mis sur internet  www.flashpoint.net et  www.prisonradio.org

Ministre de l’information JR : Nous avons récemment souffert d’un retour de jurisprudence dans cette décision de la Court d’appel de 3ème circuit. Quelle réponse apportes-tu face à ce tournant, et quelle situation en découle ?
Mumia Abu-Jamal : Avec les années, j’ai appris à toujours considérer les décisions de justice avec un certain degré de scepticisme. Celle-ci n’a que renforcé mon opinion.
Il y a des années de ça, en 1987, lorsque nous étions face à la Cour suprême de Pennsylvanie, plusieurs de mes avocats à l’époque étaient très enthousiastes, parce qu’ils avaient appris combien les juges étaient en colère au bureau du district attorney de Philadelphie ; ils avaient entendu les discussions, les questions, les réponses et ils étaient genre : ah ah, c’est super, Mumia.
C’était juste au début. J’étais déjà sceptique. Mais durant de nombreuses années de politique, plus particulièrement de politique révolutionnaire noire, mon scepticisme s’est plus que renforcé.
Un reporter d’investigation qui a étudié mon affaire, a appelé ça « l’exception Mumia ». Le problème, c’est que ce n’est pas une exception, mais une véritable « règle Mumia » dont il s’agit. Parce que ça s’est déjà produit avant, nous ne devrions pas être surpris.

J.R : Certaines personnes ont appelé ça une « victoire ». Peux-tu expliquer en quoi ce n’est pas une victoire, mais un pas en arrière ?

Mumia Abu-Jamal : Si c’était une victoire, alors elle serait toute petite, minuscule. Regardez ce que la Cour [du 3ème circuit] a fait et dit : elle a créé de nouvelles règles, ce qui n’est pas une victoire. Encore une fois, c’est la « règle Mumia » - la même chose que ce qu’avait fait la Cour suprême de Pennsylvanie. Pour ceux qui ont étudié d’autres affaires et qui se souviennent, il y en a une qui s’appelle Commonwealth vs. Baker, et qui date de 1986. Je sais qu’avec internet les gens peuvent avoir accès à davantage d’informations, beaucoup plus facilement qu’avant. Si vous vous penchez sur l’affaire Commonwealth vs. Baker, et que vous lisez l’arrêt qui a libéré Baker du couloir de la mort, prononcé en 1986 par la Cour suprême de Pennsylvanie – et si vous lisez ensuite l’arrêt de ce même procureur, dans le même tribunal si ce n’est la même salle d’audience, vous verrez comment la Cour suprême de Pennsylvanie a appliqué de nouvelles règles, le temps de l’affaire Abu-Jamal, avant de réinstaurer à nouveau les anciennes règles quelques années plus tard. Et aujourd’hui, de nouveau, ce sont les nouvelles règles qui sont en vigueur. Quand une Cour de Justice en vient à créer de nouvelles règles et de nouvelles lois pour poursuivre et justifier ce qui, auparavant était considéré comme une injustice, alors c’est une défaite. Une défaite, ce n'est pas une victoire, mais on continue de se battre.

Chairman Fred Hampton Junior : On a move, libérez les tous.

Mumia Abu-Jamal : Salut, Fred Jr, quoi de neuf ? Je t’ai vu sur PBS il y a pas longtemps, en train de parler à une bande d’enfants dans un bus.

Fred Hampton Jr : Exact. On fait passer le message partout où l’on va, tu vois.

Mumia Abu-Jamal : C’est exactement ce que tu leur disais !

Fred Hampton Jr : Oui, en effet, en effet. On croit qu’il faut répéter que c’est par la rue que notre message doit passer. C’est la pression du peuple qui va nous amener aux résultats qu’on espère tous. Mais qu’est ce que tu nous conseillerais de changer, d’orienter ou de mettre en avant dans nos stratégies par rapport à cette campagne d’information ?

Mumia Abu-Jamal : Beaucoup de personnes, qui même se considèrent radicales et révolutionnaires, se sont fait attraper en plein sommeil. Ces personnes ont lu, ont entendu, ou étaient sur place pendant l’audience et s’étaient dit : « Woaw »

Laisse moi te raconter une histoire qu’un ami avocat m’a racontée il y a quelques jours. Ca s’est passé à Pittsburgh, à une conférence/débat donnée par Bryan Stevenson, un avocat noir très connu, originaire d’Alabama, spécialisé dans le droit des affaires criminelles. Il parlait à un groupe d’opposants à la peine capitale, mais aussi à des étudiants, des étudiants en Droit ainsi qu’à d’autres personnes.  Et il leur a donné une conférence qui leur a beaucoup plu, et les gens ont posé plein de questions à la fin. Et bien, quelqu’un s’est levé et lui a demandé : Et donc, à propos de Mumia ? Et le mec a répondu : « Ne vous inquiétez pas, il le tient, le nouveau procès. »
Ironie du sort, 5 minutes avant qu’il ne dise ça, quelqu’un dans la salle avait reçu un sms. C’était à 11h le matin du 27, et ils venaient de recevoir tout juste ce que la Cour du 3ème Circuit avait décidé. Et on parle là d’un homme reconnu comme expert, pas seulement en Droit criminel, mais en Droit tout court, un expert célèbre. Pour avoir lu les affaires et étudié les arguments, il était sûr de ce qu’il avançait. Mais il avait tort. Parce que les avocats ont beau être très bons et très brillants ; ce qu’ils ne prennent pas en compte, c’est l’intrusion de la politique dans les textes de loi ; ce qu’ils ne prennent pas en compte, c’est la personnification des lois ; ce qu’ils ne prennent pas en compte c’est le pouvoir qu’a une loi de se transformer comme un caméléon.
Et beaucoup de gens très bien informés, voire radicaux, ou même révolutionnaires, pendant un moment, pendant un instant se sont dit que c’était bon ; parce que, ce qu’ils ont lu, vu ou entendu pendant les audiences leur ont fait croire que ça ferait la différence. Et bien, on a vu que ça n’a pas été le cas, n’est pas ?
Je ne vais pas dire aux gens comment ils doivent s’organiser. Ils savent comment faire. Ils doivent faire confiance à leur propre intuition. Je crois en eux. J’ai toujours cru en eux, et-ce depuis que je suis adolescent. Les gens ne te laissent pas parterre, ils font ce qui est juste parce qu’ils savent dans leur cœur ce qui est juste. Et je leur dis encore merci.
J’ai fait une chronique, hier sur la manière dont parfois on oublie notre Histoire. L’Histoire de tribunaux rangés du côté de la répression ; rangés non pas du côté de la liberté, mais aux côtés de l’esclavage. C’est ce dont il s’agit littéralement avec l’affaire Dred Scott. C’est ce dont il s’agit avec l’affaire Plessy vs. Furgeson.
Certains continuent de croire que l’affaire Brown vs. The Board of Education a tout changé. En fait, ça n’a changé que certaines choses pour certaines gens. Si pour toi ça va, que tes parents sont avocats, médecins, professeurs ou quelque chose dans le genre, ça va, tu as toujours quelques problèmes mais ça va. Tu as assez de ressources pour prendre soin de ta famille et faire ce qu’il faut pour avoir un très bon niveau de vie – chose que tes grands-parents ne pouvaient même pas espérer. Mais si tu es Noir et pauvre dans cette société, les choses n’ont pas réellement changé pour toi, et même, en fait, ont empiré. On parle là de Brown vs. Board of Education, décidé en 1955 ou 1953, qui a mit fin à la ségrégation dans les textes de loi Etatsuniens. Mais dans les années 60 j’étais scolarisé dans un lycée pour Noirs, pratiquant la ségrégation. Et j’ai dû attendre les cours d’été et l’université pour vivre enfin une réelle intégration. Et aujourd’hui, ces mêmes écoles que j’ai fréquentées, gamin, sont pratiquement les mêmes pour des gamins de l’âge de mes petits-enfants, ou des adolescents. La ségrégation dans les textes de loi est une chose ; la ségrégation dans la vie réelle en est une autre. Donc il faut nous souvenir de ce que l’on sait déjà, et agir en conséquence.  Comme disait Frederick Douglas, le pouvoir n’accorde rien sans qu’on ne l’exige.
Fred Hampton Jr : Toi ainsi que d’autres forces avez déclaré ça à de nombreuses occasions. Aimerais-tu dire quelque chose à propos de ce que l’affaire Munia Abu-Jamal représente, et pourquoi tous les rappeurs se font réprimander à chaque fois qu’ils parlent de toi dans des vidéos, dans certains médias ? Pourquoi le Gouverneur de Californie, quand il a refusé d’accorder la grâce à Stanley « Tookie » Williams, l’a justifié par le fait que Tookie Williams s’apparentait fortement à Field Marshal George Jackson et toi Mumia Abu Jamal ? Qu’est ce que c’est ? Tu représentes un symbole ?
Mumia Abu-Jamal : Je pense que pour beaucoup de personnes, surtout des personnes assises et établies, je représente leur pire cauchemar en quelque sorte. Pour beaucoup de gens qui ne savent pas, qui n’ont pas vécu…

        VOIX : Cet appel est émis depuis l’institution correctionnelle de Greene et est sujet à des enregistrements et des écoutes.

Mumia Abu-Jamal : … dans cette période et qui ne connaissent pas le Parti des Panthères Noires, ni le Mouvement de Libération Noir. Ils connaissent peut être, vite fait, les mouvements pour les droits civiques, mais pensent que tout brille, tout est bien à présent. Ceux qui le vivent, eux le savent de toute façon, ils savent que la vie d’une personne Noire dans le ghetto ou la vie d’un Hispanique dans le Barrio est un enfer absolu. Ils se battent encore pour obtenir leurs 15 hectares et leurs 2 mules [promis au terme de leur esclavage officiel] parce qu’ils n’ont rien d’autre. Et en plus, maintenant au-dessus de ça s’ajoute le mépris de la Bourgeoisie noire mariée au mépris de la classe politique. Mais eux ont peur…

            VOIX :   vous reste 60 secondes

Mumia Abu-Jamal : Ils ont peur que la révolution noire s'enflamme à nouveau, tu vois. C’est pour cela que nous avons de telles politiques, des politiques de soumission où les Noirs s’excusent quand les prêtres noirs le leur demandent. Les églises qui étaient un des seuls lieux où les Hommes pouvaient parler de liberté et confronter la vérité au pouvoir. Maintenant, tout doit être politiquement édulcoré, afin que les gens de l’extérieur – ceux qui n’ont jamais mis les pieds dans une église noire - puissent dicter…

    VOIX : Il vous reste 30 secondes

Mumia Abu-Jamal : … ce que les Noirs doivent écouter : de la folie. On a MOVE
Fred Hampton Jr : On a MOVE. Si tu entends un grand bruit à l’extérieur, c’est que des gens à-travers le monde, depuis la Scandinavie jusqu’à l’Afrique, dans des langues étrangères font savoir qu’ils veulent libérer Mumia, libérer tous les autres.
Mumia Abu-Jamal : Donne leur mon amour et dis leur : On a MOVE !
Fred Hampton Jr: On a MOVE !
Mumia Abu-Jamal: Merci à tous!
Fred Hampton Jr : Merci

Traduction artisanale et modeste : Yannick Sanchez, Réseau Transpyrénéen Mumia Libre

    Arrêt Dread Scott (1856) – Dread Scott était un esclave noir dont le propriétaire résidait au Missouri, Etat esclavagiste. Ce propriétaire, le docteur Emerson, l’emmena dans des Etats où l’esclavage était interdit. De retour au Missouri, Dread Scott a revendiqué sa liberté mais la Cour suprême a refusé de reconnaître à Dread Scott le statut de citoyen et donc le droit d’ester en justice (En direct du couloir de la mort - Mumia Abu-Jamal Ed. La Découverte, 1996 – page 52)
En rendant cet arrêt dans les dernières années avant la guerre de Sécession, la Cour prend fermement position en faveur de l'esclavage, déclarant, d'une part, qu'un Noir, même libre, ne peut être citoyen des États-Unis, d'autre part que, dans les territoires des États-Unis qui, à l'époque, ne sont pas encore des États et sont administrés par le gouvernement fédéral, ce dernier ne peut y interdire l'esclavage. C'est certainement aujourd'hui l'arrêt de la Cour suprême le plus unanimement réprouvé, et il entache gravement la réputation par ailleurs honorable de la Cour Taney
(
http://fr.wikipedia.org/wiki/Scott_v._Sandford)

    Brown et Al. v. Board of Education of Topeka et Al. (Brown et autres contre le bureau de l'éducation de Topeka et autres) est un arrêt de la Cour suprême des États-Unis, rendu le 17 mai 1954 (arrêt 347 U.S. 483). Il est en général appelé simplement Brown v. Board of Education (Brown contre bureau de l'éducation). Il déclare la ségrégation raciale inconstitutionnelle dans les écoles publiques. Un arrêt complémentaire est rendu dans la même affaire le 31 mai 1955 (349 U.S. 294), et les deux arrêts sont aussi dits Brown I et Brown II. L'arrêt est sans doute la plus importante des décisions de la Cour Warren. Si techniquement, la décision Brown s'applique seulement au système d'éducation publique des États, l'arrêt Bolling v. Sharpe 349 U.S. 497 (1954), moins connu, est rendu le même jour et étend l'obligation au gouvernement fédéral.
(http://fr.wikipedia.org/wiki/Brown_v._Board_of_Education)


comité de soutien à Mumia Abu-Jamal - Marseille
tel/fax : 04 91 42 98 47
mumia.marseille@free.fr
http://mumialibre.over-blog.com/
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Samedi 3 mai 2008
Quelque 25 000 dockers travaillant dans 29 ports de la côte Pacifique des Etats-Unis, observaient jeudi un mouvement de grève, a indiqué une source syndicale. Ils protestaient contre la guerre en Irak.

Ce mouvement de grève d'un jour intervient cinq ans après l'annonce par le président George W. Bush de la fin des opérations majeures de combat en Irak. Le 1er mai n'est pas un jour férié aux Etats-Unis, où la fête du Travail est célébrée en septembre.

"Nous soutenons les soldats et disons aux politiciens de Washington qu'il est temps d'arrêter la guerre en Irak", a déclaré le président du syndicat des dockers, Bob McEllrath.

Des responsables des ports de Long Beach et de Los Angeles, dans le sud de la mégalopole californienne, les principaux terminaux de conteneurs de l'ouest des Etats-Unis, ont indiqué que leur activité était totalement paralysée.

Cette grève, effective de 8h00 à 17h00 jeudi, intervient deux mois avant l'expiration d'un contrat de travail de six ans, conclu entre les dockers et l'Association maritime du Pacifique (PMA), qui représente les gestionnaires de ports et les armateurs.

Le porte-parole du PMA, Steve Getzug, a indiqué à l'AFP que le mouvement social était analysé par son organisation comme un moyen de pression des dockers dans la perspective des négociations en cours pour un nouveau contrat.

"Il nous paraît vraisemblable que (cette grève) est liée aux négociations", a-t-il dit, ajoutant que la grève n'aurait qu'un effet marginal sur l'activité des ports et l'économie.

"Cela ne devrait pas mettre l'économie américaine à genoux", a assuré le porte-parole. "Mais cela se produit à un moment où les gens comptent sur un fonctionnement sans accroc des ports de la côte Ouest. Ce genre d'arrêt de travail ne va pas dans ce sens", a-t-il ajouté.

(ats / 02 mai 2008 05:15)
Source :
Romandie News
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Samedi 19 avril 2008
La Cour d'appel fédérale  de Pennsylvanie vient de refuser un nouveau procès
à Mumia Abu-Jamal, journaliste engagé, écrivain et prisonnier politique américain, condamné à mort sans preuve pour le meurtre d'un policier en 1982 au terme d'une parodie de procès.
Elle confirme sa culpabilité et ordonne une audience devant jury pour déterminer une nouvelle sentence qui débouchera au mieux sur une peine de prison à vie sans possibilité de libération ou à nouveau la peine capitale.
Comme il le dit lui-même, "Mumia reste innocent, les Cours ne peuvent transformer un innocent en coupable"
Pour les  54 ans du journaliste,
Son comité de soutien Marseillais renommera symboliquement le boulevard Paul
Peytral où siège le Consulat des Etats-Unis en :

Boulevard MUMIA ABU-JAMAL

RASSEMBLEMENT

Samedi 26 Avril 2008

16 HEURES (bâptème à 17 heures)

Face au CONSULAT DES ETATS-UNIS
  
Bd Paul Peytral (métro Préfecture)

Source :
comité mumia marseille


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Mardi 25 septembre 2007
 

« Nous nous battons pour un nouveau procès »
Interview de Mumia Abu Jamal- juillet 2007
par Margaret Prescod pour son émission de radio ³Sojourner Truth²  Pacifica Radio Network

Margaret Prescod : Mumia, les gens ne sont pas d¹accord sur la manière de te définir : comme un chauffeur de taxi, un journaliste d¹investigation, un Black Panther, un avocat de prison. Comment te vois-tu ?
Mumia Abou Jamal : Eh bien, d¹une certaine manière, tout ça et encore plus.
Je veux dire, quand les gens ne sont pas d¹accord, parfois certains demandent de la simplicité, alors que la vie est rarement aussi simple. La vie est complexe, et bien d¹autres, herboriste, avocat en prison, écrivain, poète, pas un très grand, mais j¹essaie, père, grand-père, mari ; et, vous savez, toutes ces choses sont vraies.
MP : Comment arrivez-vous à trouver l¹information et la concentration pour faire vos rubriques qui passent sur les ondes de plus de 100 stations de radio dans tout le pays ?
MAJ : Je lis, beaucoup, des livres intéressants sur la politique, parfois l¹histoire. J¹essaie de lire plusieurs journaux, et je me renseigne sur ce qui se passe ici, autour de moi. Vous savez, un article sur un événement local est mieux que, par exemple, un commentaire sur la guerre (rire). Pour ne pas perdre l¹¦il du journaliste. Un sujet comme un autre.
MP : Quel est ton emploi du temps? Combien d¹heures par jour as-tu à l¹extérieur, et comment les passes-tu ?
MAJ:  Dans de nombreux Etats, le couloir de la mort est comparable à un cachot. On est dans une cellule, seul. Sauf pendant 2 heures par jour, quand on est dans une cage. Certains appellent ça une cour, mais je pense qu¹il vaut mieux l¹appeler une cage, qu¹on y soit seul ou non.
Alors, 22 heures par jour, ça laisse beaucoup de temps pour penser, pour lire, écrire, etc. , alors, et ça peut paraître étonnant,  mais j¹ai en fait plus de temps(rire) que le journaliste ou commentateur radio moyen.
MP : un peu de temps pour faire des exercices, peut-être ?
MAJ : Eh bien, oui. En cage, on peut faire un peu de jogging, des pompes etc.
Moi, j¹adore le handball. C¹est comme le tennis, sans raquettes. (rires des 2 ). C¹est très vigoureux, un bon exercice, et habituellement 3 fois par semaine, je peux faire un match, en fait on en a joué un très bon ce matin.
MP : En quoi la vie en prison a-t-elle changé en 25 ans ?
MAJ : D¹une manière qui n¹était certainement pas imaginable il y a 30 ans. On n¹aurait pas cru qu¹on puisse arriver à quelque 3 millions de prisonniers, vous savez que dans l¹Etat où vous êtes, la Californie, il y en a plus en ce moment que dans toute la France. C¹est dingue, on ne peut même pas se faire une idée d¹un tel chiffre.
Alors, en 30 ans, on a bâti ce qu¹on appelle parfois le complexe pénitentiaire industriel. Il y a beaucoup d¹argent en jeu, beaucoup de business, beaucoup de pouvoir social  à y gagner, en ce sens que beaucoup de ceux qui en forment la population viennent du c¦ur des villes, et ils sont transportés dans les régions rurales plutôt dépeuplées.
Ce que beaucoup de gens ignorent, c¹est que toute cette population est comptée, non seulement dans le recensement, mais aussi dans les circonscriptions électorales, bien qu¹évidemment nos voix, nos soucis, nos vies, aucuns de nos intérêts ne comptent.
MP : Mumia, tu es à l¹intérieur, et ceux qui te soutiennent sont dehors, c¹est un vrai problème. Comment leur donnes-tu des instructions pour leur travail ?
MAJ : De manière personnelle, en général, j¹écris des lettres, je téléphone et parle à des gens, également à travers ceux qui me soutiennent, qui peuvent communiquer plus profondément, plus intensément avec les plus jeunes. Nous travaillons de personne à personne, c¹est le seul moyen vraiment efficace, je pense, pour réellement armer quelqu¹un pour ce boulot très ardu d¹activiste anti-prison.

MP : Vois-tu ton propre cas comme ayant une influence sur ceux des autres prisonniers ?
MAJ     : C¹est difficile à évaluer, parce qu¹on a du mal à communiquer plus loin que son propre quartier. Il est également difficile, quand on n¹est pas en prison, de comprendre le degré d¹isolement dans certains systèmes pénitentiaires, les nouvelles prisons sont construites différemment des anciennes.
Dans les vielles prisons, les gens pouvaient communiquer et se déplacer bien plus facilement que maintenant. Les nouvelles visent à isoler les gens. Alors, tu peux avoir un type dans le quartier voisin, tu ne le vois peut-être pas de 6 mois, d¹un an, je veux dire qu¹on est vraiment isolés, en dehors de son propre quartier.
MP : Comment sont les « vieux » prisonniers, comparés aux « jeunes » ? As-tu noté une différence entre ceux qui sont enfermés depuis longtemps et ceux qui arrivent? Par rapport à toi, par exemple ?
MAJ : Eh bien, quand je suis rentré, j¹étais bien plus âgé que beaucoup de ceux qui arrivent maintenant. J¹avais 27, 28 ans, ce qui me semble jeune maintenant, mais comparé aux ados et jeunes de 20 ans d¹aujourd¹hui, ça fait une belle différence entre alors et maintenant.
Je peux dire de façon certaine que beaucoup des anciens ont tendance à être plus calmes, plus conscients. Parmi les jeunes, récemment, c¹est pas juste une question d¹âge, mais aussi ils viennent d¹une situation qui est bien pire qu¹il y a 20 ans.
Je veux dire par-là que, dans de nombreuses communautés, disons à Philadelphie, la situation est bien plus dangereuse, instable économiquement, bien plus désastreuse socialement qu¹avant. Ca se voit quand on rencontre des jeunes qui sont, à mon avis, dans un état de rage constant, d¹incapacité, de refus d¹écouter les plus anciens.
MP : Pour parler de ta situation, où en est cet élan pour un nouveau procès ? Tes avocats et ceux qui te soutiennent demandent un nouveau procès. Pourquoi cela, et pourquoi maintenant ?
MAJ : Pourquoi maintenant? Evidemment, ça ne date pas d¹aujourd¹hui. Nous nous battons dans ce but depuis de nombreuses années, en différents lieux de cet Etat, et dans de nombreux tribunaux. Nous n¹allons en Cour fédérale que depuis presque 10 ans, en tous cas depuis 2001 pour sûr, depuis que la décision de justice a été prise. On en est en Cour d¹appel.
Nous réclamons un nouveau procès, et ça me rappelle ce qu¹un de nos avocats disait : On ne se bat pas seulement pour obtenir un autre procès, mais un qui serait équitable, parce qu¹en face de l¹ancien juge, Albert A. Sabo, membre à vie de l¹Ordre Fraternel de la Police, dont de nombreux avocats ayant travaillé en face de lui ont dit qu¹il était un vrai procureur, on ne peut pas dire que mon procès a été équitable et juste.
MP : Si on t¹accorde un nouveau procès, pouvons-nous nous attendre à du nouveau ?
MAJ : Oui, beaucoup de nouveau. Il y a de nombreuses années, j¹ai dit que le jury n¹avait pas entendu grand chose, et entendu des choses qui, franchement, étaient tout à fait injustes, fausses, et qui n¹avaient rien à voir. Je l¹ai dit au jury en 1982. Je pense que, si nous avons un nouveau procès, nous pouvons en apporter la preuve.
MP : Et si ce nouveau procès est refusé ?
MAJ : Je ne suis pas quelqu¹un de négatif. Je ne pense pas négativement, ce n¹est pas dans ma nature. Je ne suis pas non plus un incorrigible optimiste, mais je pense que nous avons construit un bon dossier, fort. Et je pense que les résultas seront bons.
MP : Mumia, comment tu y arrives? Ca fait 25 ans que tu te bats contre une justice inique, le racisme incroyable du premier procès, et te voilà de nouveau au front, à lutter pour obtenir un nouveau procès. Comment tu y arrives ?
MAJ : Je suppose qu¹on peut me décrire comme quelqu¹un d¹actif. C¹est pas nouveau, mais c¹est vrai. Pour moi, 24 heures par jour, ça ne suffit pas. J¹ai toujours des projets en cours, des demandes sans réponses, des lettres que je n¹ai pas écrites (rire) que franchement je pensais avoir écrites, des tableaux que je veux esquisser, ou dessiner ou peindre, des articles que je veux écrire, alors, il y a tant d¹heures par jour, et j¹essaie de bien les utiliser, mais en tous cas, je suis toujours actif, et je pense que ça aide.
Aussi, j¹ai été entouré par des gens extraordinaires. Depuis mon premier jour, il y a de nombreuses années, à Philadelphie, dans tout le pays, tout l¹Etat. Des hommes extraordinaires, dans le couloir de la mort. Et j¹ai aussi rencontré des gens de tous les milieux, des gens remarquables, hommes et femmes, des écrivains, des militants, tout ce que vous voulez. Alors ça m¹a beaucoup aidé.
MP : Gardes-tu l¹espoir ?
MAJ : J¹espère toujours, crois-moi. (tous deux rient) Tu sais, on ne peut pas échapper à sa nature profonde. J¹ai dit que je n¹étais pas un optimiste incorrigible, mais je garde toujours espoir, c¹est ma façon de voir le monde.
MP : Ca, on s¹en rend compte. Qu¹aimerais-tu dire d¹autre à ceux qui t¹écoutent dans tout le pays et même le monde entier, grâce au Web ?

MAJ : Je voudrais juste que les gens sachent que je suis très sensible et reconnaissant pour tous les témoignages d¹amour et de soutien que j¹ai reçu depuis de nombreuses années. Je reçois des lettres chaque jour. Malheureusement, je ne peux pas répondre à toutes, mais je m¹efforce de toutes les lire. Depuis quelques semaines, j¹ai un problème parce qu¹à peu près 7 fois par semaine au moins, je reçois des lettres d¹amis en Allemagne, mais je ne sais pas encore vraiment lire l¹allemand ! (tous 2 rient) Donc, je ne peux pas dire que je les ai toutes lues !
J¹aimerais dire à ces gens, tu sais, en tête-à-tête, merci ! Merci de prendre le temps de m¹écrire, merci de penser à moi, merci de vos v¦ux, et merci pour votre amour et votre soutien. Ca, ça compte pour moi, ça, je le  ressens, et ma gratitude est immense.
MP : Mumia Abu Jamal, merci beaucoup d¹avoir passé ces quelques moments avec nous.
MAJ : Merci, Margaret.

Source : Comité de soutien à Mumia Abu-Jamal
C/o viretto & dieudonné
18 place Jean Jaurès
13001 Marseille, France
Tél./fax 04 91 42 98 47
mumia.marseille@free.fr

La transcription est de Michael Schiffmann
www.againstthecrimeofsilence.org
www.abu-jamal-news.com
et la traduction est de Jean-Luc pour le comité Mumia de marseille
La version anglaise sur
http://againstthecrimeofsilence.de/News/Mumia-July-2007.pdf
Les enregistrement audios de Mumia sont sur le site:
http://www.prisonradio.org
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Mercredi 13 juin 2007
NORMAN FINKELSTEIN est un citoyen des Etats-Unis, historien de son état et fils de deux rescapés juifs des camps de concentration nazis. Rien d’étonnant à ce qu’il se soit intéressé de prés à l’histoire de l’Holocauste et qu’il continue à le faire. En témoigne une production abondante  qui a été reconnue comme inattaquable au niveau des faits par les plus grands spécialistes de cette histoire comme RAUL HILBERG.

Mais NORMAN FINKELSTEIN  s’est ensuite posé la question de savoir si le traitement infligé aux palestiniens par l’Etat d’Israël  pouvait trouver une quelconque justification dans les souffrances infligées au peuple juif par les nazis et il y a évidemment répondu par la négative.

Or, NORMAN FINKELSTEIN est citoyen des Etats-Unis et observe que les souffrances infligées au peuple palestinien par l’Etat d’Israël sont approuvées, rendues possibles, soutenues médiatiquement et financièrement par tous les gouvernements et la majorité de la classe politique US. Il fixe la date de cet alignement complet à la guerre des Six Jours (1967).  Il l’observe et  l’établit avec toute  la rigueur d’un  l’historien professionnel sérieux et intègre.

Cet engagement , déterminé depuis qu’il a obtenu sa thèse en 1988  dans laquelle il critiquait un ouvrage de l’historien US JOAN PETERS  qui voulait faire croire que la Palestine était quasiment inhabitée avant l’arrivée des sionistes, marque son existence. Déjà « remercié » par plusieurs université où il faisait des vacations, il avait été « repêché » par une université catholique de Chicago, l’université DE PAUL  où il était chargé de cours depuis 2003.

Mais la chasse aux sorcières continue et NORMAN FINKELSTEIN vient, malgré le soutien de ses collègues,  de se voir refuser par l’université DE PAUL une titularisation définitive qui lui aurait assuré un poste stable jusqu’à sa retraite (il a aujourd’hui 54 ans)

NORMAN FINKESLTEIN est donc victime de la police de la pensée organisée dans son pays par le lobby sioniste.

Il mérite notre soutien, il mérite que ses livres soient lus, commentés et popularisés. Il le mérite d’autant plus que, malgré la puissance du lobby sioniste au Etats-Unis, se développe enfin  là-bas un courant d’opinion critiquant l’alignement de la politique étrangère des Etats-Unis sur celle d’Israël  au détriment même des intérêts à long terme du pays.

En d’autres temps, NORMAN FINKELSTEIN, hérétique à la cause sioniste, aurait fini sur un bûcher. Au nom de la liberté de pensée et de parole dans un pays où la classe dirigeante prétend répandre la « LIBERTE » sur la planète (mais à coup de canons), nous  refusons le licenciement de NORMAN FINKELSTEIN  pour  pensée non-conforme et délit d’opinion.

Les livres de Norman Finkelstein en français:

L’industrie de l’Holocauste – (La Fabrique)
Tuer l’espoir – (Aden)
Mythes et réalités du conflit israélo-palestinien
 (Avec Dominique Vidal – Aden)
L’Allemagne en procès
(Avec Ruth Birn – Albin Michel)

Contact Université De Paul pour protester
www.depaul.edu

13.06.2007
comaguer@nomade.fr
par Comaguer publié dans : USA
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