Mardi 13 novembre 2007
Une dépêche de l’AFP en date du 7 novembre 2007 nous apprend que M. Mohamed Dossar, Directeur de cabinet du Président Sambi, en charge de la Défense, a négocié avec les autorités françaises installées à Mayotte « les modalités d’expulsion et de reconduite à la frontière des ressortissants comoriens, pour la plupart anjouanais, en situation irrégulière à Mayotte. » Un pas aux conséquences incalculables vient d’être franchi par le Président Sambi et les siens. C’est la première fois qu’un gouvernement comorien reconnaît aussi clairement que Mayotte ne fait pas partie de l’Union des Comores, que les Comoriens qui se rendent dans l’île comorienne de Mayotte sont des « clandestins ». C’est la première fois que des autorités comoriennes collaborent aussi franchement avec la France dans l’expulsion des Comoriens. M. Dossar a même accepté que ces expulsions puissent se faire en direction de Mwali, au lieu de la capitale comorienne, car, comme l’Etat français, il espère la plus grande discrétion dans ce domaine, comme cela se faisait jusqu’ici avec Mohamed Bacar à Anjouan. Il feint ainsi d’ignorer les problèmes qui se posent depuis quelques années dans cette petite île.
Selon la même dépêche, le Directeur de cabinet du Président a déclaré : « En échange, des dispositions seront prises pour qu’il y ait à Moroni des correspondants des autorités de Mayotte pour suivre de près les programmes de coopération prévus après la résolution de la crise d’Anjouan ». On ne peut pas être plus clair car le marchandage transparaît. M. Dossar revendique ce que son collègue des Relations Extérieures tentait de cacher : Mayotte et l’intégrité de notre pays ont été vendues « en échange » d’une aide à la coopération. En signant cet accord, M. Dossar et le gouvernement auquel il appartient signifient aux Comoriens et à tous les pays qui soutiennent nos justes revendications depuis 1975 que les Comoriens qui se rendent dans l’île comorienne de Mayotte sont des « clandestins », et partant que Mayotte ne fait pas partie de l’Union des Comores. S’en est-il rendu compte ? A-t-il agi consciemment ? Quels intérêts défend-il : ceux de l’Etat comorien ou ceux de l’Etat français qui mène la politique du fait accompli et utilise toujours le chantage à la coopération ? Dans tous les cas, il est permis de parler de HAUTE TRAHISON car cet accord contrevient à plusieurs articles de la Constitution de l’Union des Comores :
- « Article 1 : L’Union des Comores est une République, composée des Iles Autonomes de Mwali, Ndzuani, Ngazidja et Maore » ;
- « Article 7 : Dans le respect de l’unité, de l’Union et de l’intangibilité de ses frontières telles qu’internationalement reconnues (…) les Comoriens ont les mêmes droits, les mêmes libertés et les mêmes obligations dans n’importe quelle partie de l’Union »
- « Article 12 : Le Président de la République est le symbole de l’unité nationale. Il est le garant de l’intangibilité des frontières telles qu’internationalement reconnues ».
Et dire que le Président Sambi a juré sur le Coran de défendre cette Constitution ! La décision prise pourrait conduire les signataires du côté comorien devant une Haute Cour de Justice car elle ne respecte pas l’intangibilité de nos frontières et peut s’apparenter à une cession d’une partie de notre territoire contre de l’aide économique.

] Nous en appelons donc aux autres responsables de nos institutions étatiques, et notamment le Président de l’Assemblée de l’Union, qui a dénoncé récemment les méfaits d’un clan qui s’est emparé de l’Etat et la Cour Constitutionnelle, à jouer leurs rôles nécessaires à la sauvegarde de notre loi fondamentale.
] Nous en appelons à la population de Mwali pour qu’elle refuse de se rendre complice des violations de la Constitution comorienne et du droit international.
] Nous en appelons à l’ensemble des partis politiques pour qu’ils assument leur rôle en ces temps de troubles et refusent que notre pays soit vendu à la coopération française.
] Nous en appelons à l’ensemble des citoyens comoriens, à l’intérieur comme à l’extérieur, pour qu’à l’occasion de la célébration de la « Journée Maore », le 12 novembre prochain, ils saisissent le gouvernement et le Président Sambi sur le sens d’un tel accord arrivant après le retrait de la question de l’île comorienne de Mayotte de l’ONU.
Le 10 novembre 2007
 
Associations signataires : Collectif Comores-MasiwaMane (CCMM), Comité Maoré, SOS-Démocratie Comores, Guilde des Artistes Comoriens (GAC), Groupe de Réflexion sur l’Intégrité territoriale de l’Archipel des Comores (GRITAC), Association comorienne des Droits de l’Homme (ACDH), Collectif des Associations et Amis des Comores (CAAC).

Source : Collectif Comores MasiwaMane
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Lundi 1 octobre 2007
Déclaration
 
Après quelques jours de suspens, le gouvernement comorien a retiré « la question de l’île comorienne de Mayotte » de l’ordre du jour de la 62e session ordinaire de l’Assemblée Générale de l’ONU, un peu avant l’ouverture des travaux et quelques jours après l’annonce d’une réception du président comorien par le président français.
Qu’on ne se trompe pas, c’est la seule  procédure qui pouvait montrer aux autres pays que les Comores tiennent encore à Mayotte. C’est la seule procédure qui pouvait gêner la France car elle aurait abouti, comme avant 1995, à une résolution condamnant l’occupation de l’île comorienne de Mayotte. C’est la seule procédure à laquelle les gouvernements successifs renoncent pour pouvoir obtenir l’aide de la coopération française ou la considération des présidents français. C’est cette procédure que le Président Sambi a décidé d’éliminer. Le reste n’est que paroles destinées à ses partisans.
Cette décision regrettable a profondément choqué les organisations de la société civile comorienne car elle leur rappelle le marché de dupe fait par le colonel Azali qui a retiré cette question contre une réception à l’Elysée.
Cela est d’autant plus choquant que depuis son élection, le Président Sambi promet de réintroduire « la question de l’île comorienne de Mayotte » à l’ONU. De plus, chacun se rappelle que l’année dernière le Ministre des Relations extérieures, M. Ahmed Jaffar, a justifié le retrait de cette question par le fait qu’il fallait, au gouvernement, plus de temps pour mieux plaider la cause des Comores auprès des pays amis. Il avait assuré que la question serait réintroduite dans l’ordre du jour de l’Assemblée Générale de l’ONU en 2007. Tout cela n’était donc que mensonges destinés à endormir les patriotes qui ont soutenu et voté massivement pour le président Sambi ?
Les partisans du  Président se réjouissent du fait qu’il appelle à un dialogue direct avec la partie française. Nous rappelons que c’est la stratégie qui a été développée par le Ministre Soeuf El-Amine et poursuivie par M. Aboudou Soefo, et qui a abouti aux accords de coopération franco-comoriens qui reconnaissaient une frontière entre Mayotte et ses trois îles sœurs. De même, contrairement à ce qu’on entend ici et là, Sambi n’est pas le seul à avoir parlé de Mayotte à l’ONU. Les ministres du colonel Azali ont, eux aussi, évoqué cette question à la tribune de l’ONU, après l’avoir fait retirer de l’ordre du jour de l’Assemblée Générale.
On nous dit aussi que le Président Sambi a obtenu qu’une commission réfléchisse sur la circulation des hommes et des biens entre les quatre îles, mais c’est oublier que cela est déjà prévu par ce  qu’on a appelé les « accords de la honte » (accords mixtes de coopération franco-comorienne d’avril 2005). Le gouvernement tente de faire croire qu’il s’agit de discuter de la suppression du visa Balladur, et en réalité, il s’agit pour l’Etat français d’obtenir que des officiels comoriens collaborent avec la police française pour empêcher que des Comoriens se rendent à Mayotte, en échange, quelques visas seraient donnés pour les hommes d’affaires et pour des visites familiales.
Il n’y a donc rien de nouveau : le gouvernement du président Sambi marche sur les pas du colonel Azali.
Mis en garde par une déclaration du Conseiller spécial du  Président Sambi et Consul de Tunisie, Ali Bourhane, pour qui, il ne fallait pas introduire cette question à l’Assemblée Générale de l’ONU de peur qu’une majorité de pays ne votent contre l’intégrité des Comores, les associations de la diaspora ont multiplié, ces derniers jours, les initiatives dans la plus grande discrétion, pour essayer de convaincre le ministre de ne pas faire ce que l’équipe de campagne du Président Sambi a reproché au gouvernement Azali, c’est-à-dire, se lancer dans des négociations secrètes avec la France sur la question de la souveraineté et des frontières des Comores. En vain.
Le président et le gouvernement agissent sans tenir compte ni de l’opinion publique ni des représentants du peuple. Sur cette question cruciale, à aucun moment, le gouvernement du Président Sambi n’a pris l’avis  de l’Assemblée de l’Union. Rappelons que la décision de retirer la question de Mayotte de l’ordre du jour de l’AG de l’ONU va à l’encontre de la Constitution de l’Union qui affirme l’unité et l’intégrité des Comores et désigne le Président de la République comme le garant de la souveraineté du pays. Le Président Sambi a d’ailleurs juré sur le Coran de défendre cette souveraineté, et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il a oublié ce serment depuis deux ans.
Les associations signataires de cette déclaration demandent au Président de l’Assemblée de l’Union, aux députés, aux partis politiques et aux associations de la société civile d’exiger que le Président et le Ministre des Relations extérieures s’expliquent sur le sens du retrait de cette question et sur la réception du président Sambi par le Président français  qui a annoncé un référendum à Mayotte en 2008 pour ancrer définitivement l’île dans le giron de la République française.
Il convient notamment de savoir si le Président Sambi, qui ne tarit pas d’éloges à l’égard de la France et de son président n’a pas, lui aussi, signé un accord secret liant l’Etat comoriens pour les années à venir.
 
Associations signataires : Collectif Comores-MasiwaMane (CCMM), Association  Comorienne des Droits de l’Homme (ACDH), Guilde des Artistes Comoriens, Groupe de Réflexion pour l’intégrité Territoriale de l’Archipel des Comores (GRITAC), SOS-Démocratie-Comores

Collectif Comores MasiwaMane
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Mercredi 15 août 2007
MAYOTTE : DES CLANDESTINS CHEZ EUX !

Communiqué

Ce lundi 13 août, un nouveau kwasa-kwasa venant d’Anjouan a fait naufrage. Il avait, à son bord, quarante passagers. Dix-sept corps ont été repêchés, quatre personnes ont été admises dans un hôpital de Mayotte, tandis
qu’on comptait dix-neuf disparus en mer.
Au cours du mois de juillet, il y a eu au total cinq kwasa-kwasa échoués et près de 100 morts et disparus. Deux autres embarcations ont pu faire demi-tour à temps.
Dans le naufrage du 22 juillet dernier, il y a eu un mort, 26 disparus et 9 rescapés. Le 27 juillet, on comptait encore 4 morts, 22 disparus et 14 rescapés.
L’océan qui entoure les quatre îles de l’archipel des Comores constituent un cimetière pour des milliers de Comoriens depuis que le gouvernement Balladur a décidé, en 1994, d’instaurer une procédure de visa entre les trois îles effectivement indépendantes (Grande-Comore, Anjouan et Mohéli) et l’île encore sous administration française (Mayotte).
Face au drame du 13 août 2007, les médias français se contentent de dire que ce sont des « clandestins Comoriens » qui souhaitent se rendre dans « l’île française de Mayotte ». Or les choses ne sont pas aussi simples puisque la France, pour des raisons de stratégie militaire, a pris la décision en 1975 (au moment de l’indépendance des Comores), de couper Mayotte de ses îles sœurs en organisant en 1976 un référendum jugé nul par l’ONU. Elle a été condamnée plus d’une vingtaine de fois par des résolutions de l’ONU pour son maintien dans « l’île comorienne de Mayotte », reconnue par la communauté internationale dans son ensemble comme étant une des quatre îles de l’Etat comorien.
C’est cette revendication qui vaut à l’Etat comorien les nombreuses déstabilisations depuis plus de trente ans par l’intermédiaire de mercenaires français, comme le reconnaissait l’un d’entre eux lors du procès du tristement célèbre Bob Denard et trente de ses acolytes qui s’est tenu à Paris l’année dernière.
Mais une des armes redoutables de l’Etat français reste le chantage à la coopération ou au « co-développement » pour utiliser le nouveau vocable du néocolonialisme à la française. Ainsi, le nouveau gouvernement des Comores qui avait l’intention de réintroduire la «question de l’île comorienne de Mayotte» à l’ONU dès 2006 s’est vu signifier par l’Ambassadeur de France à Moroni qu’en marge des Accords de Coopération signés en 2005, un accord secret avait été également paraphé par les deux parties interdisant aux Comores de parler de cette question à l’ONU jusqu’en 2007.
Après la rencontre entre l’actuel Ministre des relations extérieures comoriennes, M. Ahmed ben Saïd Jaffar et le Secrétaire d’Etat à la coopération, Jean-Marie Bockel, puis le Secrétaire d’Etat chargé des DOM-TOM, Christian Estrosi, la société civile comorienne craint qu’encore une fois le gouvernement comorien n’ait accepté de retirer de l’ordre du jour de l’Assemblée Générale de l’ONU à l’automne prochain « la question de l’île comorienne de Mayotte » contre une aide économique. Pourtant, pour mettre fin aux drames que connaissent les Comoriens, il faudrait que les deux Etats trouvent une solution juste et conforme au droit international.
Les Comoriens n’ont jamais renoncé à Mayotte et ne le pourront jamais, d’abord parce que quasiment toutes les familles comoriennes ont des membres de leur famille établis dans cette île, ensuite parce que les transferts d’argent (ou le système d’assistanat) de l’Etat français ont rendu cette île de l’archipel plus riche que les autres constamment déstabilisées.
C’est en constatant cela que l’ancien Président du Conseil Général de Mayotte, Younoussa Bamana, qui vient de disparaître avait déclaré : « On peut en renvoyer tous les jours, ils reviendront. Allez pisser sur le mont Choungui, ça tombe quand même dans le lagon ». Pourtant, Mayotte demeure « l’illusion de la France » qui pense qu’il suffit de rajouter un troisième ou un quatrième radars pour empêcher ceux qui veulent se rendre à Mayotte de continuer à s’y rendre.
Depuis 1994 et l’instauration du « visa Balladur », il y a près d’un millier de morts comoriens chaque année dans des naufrages de kwasa-kwasa entre Mayotte et Anjouan. La France, en usant du droit du plus fort, a établi une frontière artificielle au sein d’un même Etat reconnu par toutes les instances internationales. Ainsi, elle porte la responsabilité de toutes ces morts et pourrait être poursuivie, entre autres pour déplacements de populations (qu’elle assimile à des reconduites à la frontière) à l’intérieur d’un même pays.

Collectif Comores-MasiwaMane
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Samedi 10 juin 2006
D'après l'insee, 60% de la population de Mayotte sera sans papiers vers 2012. D'ici là Mayotte sera un département.
Du coup, le ministre de l'outre mer français a trouvé qu'il fallait porter sur l'immigration clandestine dans l'île "d'abord un regard humain".

Un commission de parlementaires a produit en 2006 un rapport qui fait de cette trouvaille son principe.
Que voit ce regard humain ? Beaucoup de choses intéressantes et notamment celles-ci :

Dans un projet de loi datant de 2001 le rapporteur du sénat disait que depuis 1997 on estime à 4000 le nombre de morts dus à des naufrages de Kwassa-Kwassa (les barques qui transportent les clandestins). Les parlementaires trouvent désormais que cette estimation - mentionnée comme celle des autorités anjouanaises qui donnent un chiffre compris entre 3000 et 10000 morts - est "très excessive", en ajoutant que ces morts sont aussi dues à des naufrages volontaires. Il serait en effet inhumain que le nombre de morts dépasse un certain seuil (fixé au conditionnel à 100 ou 200 par an), un regard humain ne saurait voir cela - et la discussion porte fatalement sur le nombre de morts "en trop", soit sur les morts qui n'ont pas eu lieu.

Du même regard, les parlementaires énoncent, solennellement, qu'il n'y a aucun rapport entre l'instauration du visa obligatoire et le nombre de morts restant. La mission "n'accepte pas l'amalgame" entre les deux. Mais quand même : on propose de créer un consulat à Nzwani et à Mwali - entre autres mesures - afin de simplifier la procédure d'accès au visa, en reconnaissant que la politique suivie par l'Ambassade de France à Moroni est plutôt restrictive (pour obtenir un visa vous devez fournir des documents qui n'existent pas).
Par ailleurs, on reconnaît que l'immigration trouve son origine notamment dans "les liens historiques, culturels et familiaux" entre Mayotte et les Comores, mais on continue à appeler "étrangers en situation irrégulières" ceux qui migrent dans ces conditions (dites de "proximité naturelle").
Si on fait preuve d'humanité dans le regard qu'on porte sur les morts par noyade on doit pouvoir voir quelque chose comme cela : un étranger allait clandestinement se mettre dans une situation irrégulière en pensant rejoindre quelqu'un dont il était "naturellement" proche - il ne se serait
pas noyé s'il avait fourni des documents qui n'existent pas en échange du visa obligatoire. Le visa n'est pour rien dans cette affaire, ce sont "les liens historiques, culturels et familiaux" qui ont fait le coup - et comme l'obligation du visa cour-circuite ces liens, s'il est noyé on est sauvé.

On n'arrive pas à être humain dans notre façon de regarder les choses. Et ce qu'on voit c'est ceci :
Expulser par exemple une femme que l'on sépare ainsi de ses enfants c'est l'exposer froidement à la mort - parce qu'il est sûr qu'elle fera tout pour revenir et qu'elle n'obtiendra pas de visa. Un Etat qui, via ses préfectures, pratique aussi allégrement la formule "si tu veux vivre il faut que tu fasses mourir" est, si l'on suit un auteur français assez connu, raciste - quels que puissent être les sentiments humains de ses agents, le racisme étant, plus qu'une mentalité, une manière de fonctionner.
Le trait n'est pas nouveau : à Mayotte des gens qui arborent toutes sortes de titres (dont celui d'écrivain) admettent publiquement qu'être raciste est nécessaire pour se protéger et se donne volontiers en exemple partout où ils le peuvent. En Métropole c'est un trait présent dans la révolte des banlieues - avec la réaction typique du publiciste qui fait dans sa culotte en voyant des hordes de noirs casser le bien public et des politiques de tous sexes qui déclarent aimer plus que tout la police et l'armée.

Mais tandis que les gouvernements français foncent à toute allure vers leur passé pétainiste, ces migrations qu'on n'arrêtera pas comme ça vont sans doute donner quelque chose d'autre.
Matso
--
transmis par Didier Py
didier.py@wanadoo.fr
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Jeudi 27 octobre 2005
DEFENDONS LES LIBERTES DEMOCRATIQUES AUX COMORES


A Moroni, capitale des Comores, ce vendredi 23 septembre 2005, la grève générale et les manifestations de mécontentement suite à l’augmentation du prix du pétrole, se sont transformées en une flambée de violence, faisant un mort et une quinzaine de blessés et des arrestations « musclées » au sein de la population civile. Ceci constitue un nouveau palier dans la confiscation des libertés démocratiques.

Parce que nous, Communauté Comorienne de Marseille, sommes inquiets de la tournure que prennent les événements liés au devenir de notre pays, aussi bien à court qu’à long terme, nous tenons à informer l’opinion publique internationale, des malheurs qui frappent notre peuple depuis des décennies.

Un pays globalement malmené :
- Nous assistons, depuis la déclaration unilatérale d’indépendance du 6 juillet 1975, à un développement séparé des îles de l’archipel des Comores.
- Ce développement du séparatisme entre les îles, par moment, prend des formes de conflits larvés, et souvent conduit au lynchage entre originaires des différentes îles.
- Les exactions font légion aussi bien dans la partie « indépendante » qu’à Mayotte, sous administration française.
- Le chômage est endémique (70% de la population active !), et ceux qui travaillent, cumulent jusqu’à six mois d’arriérés sur le paiement de leurs salaires.
-  Une augmentation anarchique et sans mesures d’accompagnement du prix des denrées de première nécessité, qui occasionne des grèves cycliques, dont celle liée au pétrole, aujourd’hui.
- La rupture des moyens de communication inter-îles, jusqu’au visa Balladur qui crée une barrière supplémentaire entre Mayotte et ses îles sœurs.

Les effets de cette situation sont ressentis jusqu’en France, par la communauté expatriée
:
- L’absence d’une représentation diplomatique ( ambassade/consulat ) digne de ce nom plonge les ressortissants comoriens dans l’arbitraire absolu, sans aucun recours en cas de problèmes avec l’administration française.
- Des difficultés et entraves persistent pour ceux qui voudraient contribuer au développement du pays, souvent en lieu et place des autorités comoriennes ( construction d’écoles, de dispensaires, d’infrastructures routières, de réseaux d’électrification des villages, etc… ) par des barrières douanières, corruption, blocage ou confiscation pure et simple des biens …
- Les liaisons aériennes ave l’extérieur restent aléatoires, du fait de l’absence d’une compagnie nationale ou de négociations bi/multilatérales sérieuses avec une (des) compagnie(s) étrangère(s).

La Communauté Comorienne de Marseille se doit de rompre le silence :
Dans la mesure où les cris de colère venant du pays restent inaudibles et les manifestations sauvagement réprimées, il est de notre responsabilité d’y faire écho. Et notre silence face au drame que vit notre pays pourrait être perçu comme une caution, une complicité.
Nous appelons donc l’opinion démocratique française et internationale, les forces éprises de paix et de justice, à se joindre à la Communauté Comorienne de Marseille pour crier haut et fort :
- Non à la répression aux Comores !
- Contre la misère, contre la vie chère !
- Libertés démocratiques aux Comores !
- Défendons l’unité nationale et l’intégrité territoriale des Comores !

Marseille, le 9 octobre 2005
LA COMMUNAUTE COMORIENNE DE MARSEILLE

MANIFESTATION LE SAMEDI 5 NOVEMBRE 2005 A 10H30

DEPART : Place Jules GUESDE (Porte d’AIX)
par Résister publié dans : Comores
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