Mercredi 30 janvier 2008
PETITION NATIONALE

A l’initiative de la LDH, les organisations soussignées appellent à une mobilisation civique pour demander l’arrêt de l’expérimentation « base élèves » et la remise à plat de l’ensemble des dispositifs informatiques existants contenant des données relatives aux enfants afin que soient assurées les garanties nécessaires notamment aux parents et aux enseignants en termes de protection des libertés publiques.

NOS ENFANTS SONT FICHES,
NE NOUS EN FICHONS PAS

Depuis quelques années, le nombre de fichiers informatiques considérés comme indispensables par les autorités administratives est en constante augmentation dans notre pays. L’Education nationale n’a pas échappé à cette évolution dangereuse pour les libertés publiques et attentatoire à la vie privée. Ainsi, en 2004, le ministère de l’Education nationale a décidé de mettre en place, d’abord sous forme expérimentale, un nouveau système relatif aux données concernant les élèves des écoles maternelles et élémentaires (le fichier base élèves). Dans le même temps, le fichier SCONET concernant les élèves de l’enseignement secondaire a profondément évolué.

A terme, tous les enfants devraient être « fichés » quel que soit leur mode de scolarisation (publique ou privée, par correspondance ou instruction dispensée hors de l’école), dès leur entrée à l’école et durant toute leur scolarité. Ainsi vont être centralisées à l’échelon académique des informations personnelles qui, jusqu’alors, ne sortaient pas des établissements scolaires ou circulaient de façon anonyme, du moins beaucoup d’enseignants le croyaient alors qu’il n’en était rien.

Ce fichage centralisé a été présenté comme un simple outil de gestion et n’a fait l’objet d’aucun débat public. Les parents qui veulent s’y soustraire sont mis devant le fait accompli. Ils ne pourront que consulter les informations les concernant.

La nature des données personnalisées que souhaite recueillir l’administration, (difficultés scolaires, absentéisme, RASED, lieu de naissance...), va au-delà de ce que nécessite « la gestion des établissements scolaires ». L’adoption de la loi dite prévention de la délinquance permettant au maire de bénéficier du secret partagé peut conduire à terme au partage de toutes les données sensibles de ces fichiers.

Sous la pression d’un mouvement de protestation, les champs relatifs à la nationalité des enfants, leur date d’entrée sur le territoire français, leur culture et leur langue d’origine initialement prévus dans le fichier « base élèves » ont été enlevés. Cependant en ce qui concerne les informations relatives aux enfants dont l’un des parents est, ou a pu être, sans papier. Nous ne pouvons être qu’inquiets devant le fait qu’ils ont pour l’essentiel été réintroduits dans un autre fichier (le fichier Eloi) créé fin 2007.

C’EST POURQUOI :

- constatant que certains fichiers constitués par d’autres administrations ont été détournés de leurs objectifs initiaux de gestion pour se transformer en instrument de contrôle social,

- considérant que le partage de données individuelles en dehors de l’école ou de l’établissement des enfants n’apporte rien à la réussite des élèves et peut mettre en cause le respect de la vie privée des familles et le droit à la protection des données individuelles,

- nous demandons l’arrêt de toutes les expérimentations en cours des fichiers actuels concernant les informations relatives aux élèves,

- nous apportons notre soutien aux directeurs et aux chefs d’établissement refusant d’entrer dans le dispositif,

- nous demandons une remise à plat de l’ensemble des dispositifs existants avec les garanties que toutes possibilités de centralisation, d’interconnexion et de partageabilité des données nominatives soient exclues.

Premiers signataires : CEMEA, CGT, Confédération syndicale des familles (CSF), FERCCGT, FSU, Ligue de l’enseignement, Ligue des droits de l’Homme, SNES, SNUIpp, Sud Education, Sundep-Solidaires, Union Syndicale Solidaires, UNSEN CGT

Pour télécharger cet Appel, cliquez dans ici

Pour en savoir plus, signer la pétition...:
http://www.ldh-france.org/actu_derniereheure.cfm ?idactu=1607


Source ; http://www.solidaires.org/article17658.html
publié dans : Education
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Mercredi 18 janvier 2006
Manifeste pour l'annulation du "code de bonne conduite des interventions des entreprises en milieu scolaire"

Si l'Ecole est aujourd'hui au coeur de nombreux débats, les questions relatives aux pressions marchandes exercées sur notre système éducatif ne sont encore que trop peu abordées.

Les intrusions publicitaires, commerciales et idéologiques en milieu scolaire, que nous dénonçons dans notre manifeste, sont cependant de plus en plus graves et fréquentes.

Ajoutons par exemple  à la liste des nombreux cas déjà relevés dans nos courriers :

-La vente des résultats des examens par la société France examen avec "le concours des Rectorats et des Inspections académiques"
-L'agrément du Ministère de l'Education nationale accordé à un concours publicitaire organisé par les centres Leclerc. Sous couvert d'un concours d'écriture, le Ministère associe son logo à celui d' E Leclerc dans une publicité pour les centres E Leclerc, les "Espaces culturels E Leclerc" et les "rayons culturels des magasins E Leclerc".
-Le partenariat conclu entre le Ministère de l'Education nationale et le Mouvement des entreprises de France (MEDEF) pour organiser chaque année une "semaine école entreprise" dans les collèges et les lycées ( accord signé en juillet 2004).

Dérive après dérive, constatons que c'est un système qui tend à se mettre en place.

Il est urgent que ces pratiques qui minent le service public d'Education nationale, le subordonnent aux pouvoirs d'argent, soient clairement dénoncées et qu'un véritable débat s'engage sur ces questions.

Il est nécessaire d'expliquer que, malgré le rappel trompeur de principes fondamentaux, le "code de bonne conduite des interventions des entreprises en milieu scolaire" est au service de la marchandisation de l'Ecole.

Cette circulaire, contrairement au respect des  principes qu"elle était censée garantir, autorise la publicité ( sur les produits multimédias, les documents éducatifs, les plaquettes d'établissements...), introduit la notion marchande de "neutralité commerciale" et vise à développer les "partenariats".
A l'évidence, ce texte accompagne un projet libéral et une politique de désengagement de l'Etat. D'un côté le Ministère diminue les ressources allouées aux établissements, impose une décentralisation sans moyens, de l'autre, il incite ses services et les établissements à se tourner vers les entreprises. Curieuse manière d'assurer le "respect du principe de neutralité" et "l'interdiction de tout démarchage en milieu scolaire".

S'il fallait apporter une preuve de la duplicité de ce "code", le Ministère s' en est d'ailleurs lui même chargé: après avoir laissé entendre que cette circulaire permettrait l'interdiction du jeu boursier du CIC et des pratiques du même type, il justifiait en 2003 l'organisation de ce jeu par...l'application de cette même circulaire!
Rappelons qu'en juillet 2004, le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise déclarait illégale l'organisation de ce jeu.

Le "code de bonne conduite des interventions des entreprises en milieu scolaire" a montré ,depuis sa publication en 2001, que non seulement il ne garantissait nullement la neutralité, mais que, bien au contraire, il permettait qu'elle soit bafouée en encourageant les interventions des entreprises et les intrusions multiples en milieu scolaire.

A NOTER :
De nombreux Parlementaires, interpellés au sujet de cette circulaire, ont réaffirmé leur attachement au service public d'Education nationale, au respect de sa neutralité et posé des questions écrites au Ministre de l'Education nationale à propos de ce texte.

Des Députés ont demandé l'annulation de cette circulaire :
J.P Blazy  (Val d'Oise), M.G Buffet ( Seine St -Denis), Y Cochet ( Paris), M Dolez (Nord), A Falcon (Pas de Calais), A Gerin ( Rhône), J.P Kucheida ( Pas de Calais), J.C Lefort ( Val de Marne), F Loncle (Eure), M Valls ( Essonne).
(liste probablement incomplète)

Monsieur Y Cochet et Monsieur Renucci sont d'autre part signataires du manifeste.

Merci à tous de communiquer remarques, informations, propositions et de relayer notre initiative pour obtenir l'annulation du "code de bonne conduite des interventions des entreprises en milieu scolaire."

         Christiane Levilly   Janvier 2006

La liste des personnalités et organisations signataires  figure à la suite du manifeste

par Résister publié dans : Education
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