Mardi 1 avril 2008
La grève des professeurs du dimanche 23 mars, au Caire, à Alexandrie et à Mansoura était une première en Egypte. Même partielle, cette grève a été un succès

Le tour des profs
Dimanche 23 mars à l’Université du Caire, c’était le jour des professeurs. Ces derniers ont cessé le travail entre 13 et 14 heures en guise de protestation. Ils portaient des affiches sur lesquelles on pouvait lire : "Nous voulons des hausses de salaires, nous voulons une vie honorable". A l’Université du Caire et contrairement à toute attente, 80% des professeurs ont répondu à l’appel de cette grève. Celle-ci a été particulièrement suivie dans les facultés de lettres, de sciences et d’ingénierie.
Cela faisait plusieurs semaines déjà que les profs étaient mobilisés. Ils revendiquent une hausse des salaires de l’ordre de 100 % et une amélioration des conditions de travail (augmentation du budget alloué par le gouvernement aux établissements universitaires et construction de nouvelles universités gouvernementales afin de diminuer la densité des étudiants dans les classes).

Tout commence en 2005
Lors de sa campagne électorale, le président Moubarak promet d’améliorer les salaires des enseignants des écoles par le biais d’un nouveau statut salarial. Cette promesse a mis le gouvernement dans l’embarras. Car il devait trouver les fonds nécessaires à la mise en application de ce nouveau statut, dont le coût s’élèverait à plusieurs milliards de L.E. Après de multiples tractations, le gouvernement a annoncé que le statut salarial des enseignants serait mis en œuvre sur plusieurs étapes. D’autres catégories professionnelles comme les médecins et les professeurs d’universités ont revendiqué à leur tour des hausses de salaires "à l’instar des enseignants". La hausse de l’inflation et la détérioration des conditions de travail ont accentué l’ampleur des revendications.
Le gouvernement qui fait également face à des soulèvements ouvriers et à un mécontentement populaire en raison de la hausse continuelle des prix n’a pas les moyens d’y répondre. Il a essayé donc de diviser les rangs des professeurs. "Il s’agissait de gagner le ralliement des présidents et des doyens des universités en leur faisant miroiter des promotions et des avantages en tous genres. Ces derniers peuvent contribuer à avorter le mouvement de grève", affirme un professeur sous couvert d’anonymat.

Mais même partielle, la grève du 23 mars a été un succès

"C’est un précédent qui prouve que nous pouvons utiliser cette arme pour obtenir nos droits", affirme Moutia Mohamad, assistante à la faculté des lettres. Pour elle, les promesses du gouvernement visent seulement à gagner du temps. "Le gouvernement nous a promis des hausses pour le mois de juillet car il sait que ce mois est un mois "mort". Les profs ne  travaillent pas et il n’y a pas de cours. Alors il n’y aura personne pour s’opposer à la décision du gouvernement", ajoute Moutia.

Photo et texte
Névine KAMEL (www.lepetitjournal.com - Le Caire) lundi 31 mars 2008
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Mardi 2 octobre 2007
par  Barah MIKAÏL (IRIS, 27 septembre 2007)

Il y a cinq jours, plusieurs milliers d’ouvriers de l’entreprise de filature et de tissage Ghazl al-Mahalla sont entrés en grève. Leurs requêtes sont multiples : revendication d’une augmentation de leur salaire de base et de leurs primes pour la nourriture et le logement, doublée d’un intéressement annuel supplémentaire, demande de moyens de transport adaptés pour les employés de la compagnie les plus éloignés géographiquement, ou encore insistance sur de meilleures conditions d’accès aux services médicaux. A quoi s’ajoute, nouveauté intéressante dans le contexte égyptien, leur demande d’une démission du Président-directeur général de leur entreprise, qui a d’ailleurs été accompagnée du retrait de leur confiance au comité syndical.

On pourrait certes, de prime abord, voir dans cet événement le reflet d’une grogne générée par les mauvaises conditions faites par Ghazl al-Mahalla à ses employés. Replacer néanmoins cette réelle révolte de quelque 27000 ouvriers sur le temps long pousse pourtant à constater que cet épisode actuellement vécu par l’Egypte est loin de ne pouvoir s’expliquer que par des éléments ponctuels, ni même exclusivement micro-économiques.

Ce n’est en effet pas la première fois que l’on assiste à une grogne ouvrière dans le pays. Certes, le secteur du textile connaît des difficultés particulières, et pour cause : au lendemain de la guerre du Golfe de 1991, le président Hosni Moubarak avait pris la décision de se soumettre aux recommandations du Fonds monétaire international (FMI), dont les recommandations iront naturellement vers un encouragement du pays à privatiser les entreprises du secteur public. La promulgation par le gouvernement égyptien, en juin 1991, de la fameuse Loi 203 prévoira ainsi, sur le terme, la privatisation initiale de quelque 314 entreprises publiques égyptiennes. En juin 2002, 189 d’entre elles étaient effectivement allées au secteur privé, que ce soit de manière totale (pour 132 d’entre elles) ou partielle (57 d’entre elles). Depuis, les réticences affichées par le Parlement égyptien devant cette tendance accélérée à la privatisation de secteurs-clé de l’économie égyptienne (dont le secteur bancaire très particulièrement) n’a pas pour autant freiné le gouvernement dans sa course.

Certes, les chiffres officiels semblent conforter l’exécutif égyptien dans sa stratégie, comme l’indiquent les quelque 7% de moyenne de croissance annuelle. En parallèle, les non moins officiels 11% de taux de chômage paraissent ainsi, toujours du point de vue du gouvernement, peu problématiques, tant le pays est réputé pour la nature de ses problèmes géo-démographiques (la population du pays se concentre en effet le long du Nil, laissant le reste du territoire quasi-vide, en dépit de la promotion par le gouvernement de nombreux projets pour pousser les jeunes diplômés notamment à désengorger les rives du fleuve). Pourtant, une situation de crise économique semble bel et bien installée dans le paysage, et l’état du secteur textile, bien qu’étant loin d’être le seul touché, reflète très bien cette situation.

On se souvient qu’en décembre 2004, déjà, une série de manifestations avaient éclaté, de manière localisée tout d’abord, puis générale, suite à la signature par Le Caire de l’accord sur les Zones industrielles qualifiées (Qualified Industrial Zones, ou QIZ) avec chacune de Washington et de Tel-Aviv. Les manifestants exprimaient alors certes leur désaccord sur les conséquences économiques d’un engagement qui permettait l’établissement de zones franches sur leur territoire ; mais ils contestaient également l’une des principales dispositions qui sous-tendaient ces QIZ, à savoir l’impossibilité qu’il y aurait pour l’Egypte de manufacturer au sein de ces mêmes zones franches des produits si ceux-ci n’étaient pas composés à 11,5% au moins de matières premières israéliennes. En d’autres termes, on retrouvait du politique, de l’économique, et une fibre nationaliste dans les motivations des manifestants d’alors, qui pousseront d’ailleurs à la très timide ouverture par le régime égyptien de son champ politique le long de l’année 2005.

Parallèlement à cela, néanmoins, les manifestations à l’émanation d’ouvriers du secteur textile auxquelles l’on assiste aujourd’hui en Egypte restent susceptibles d’une interprétation double, au minimum. D’une part, en effet, elles traduisent le dépit des employés de ce secteur vis-à-vis des conditions économiques et sociales qui leur sont faites. Mais, d’autre part, elles restent tout aussi bien le reflet d’un malaise socio-économique qui traverse l’ensemble du pays.

Avec la politique des privatisations, le secteur privé en est en effet venu aujourd’hui à contrôler quelque 60% des compagnies spécialisées dans le filage du coton, contre 8% au début des années 1990. Cette situation rampante a ainsi connu ses premiers aboutissements sérieux au début des années 2000, et très précisément à partir de 2003. Faut-il y voir l’effet de la promulgation par le gouvernement égyptien de la Loi unifiée du Travail de 2003, en vertu de laquelle les employés égyptiens se verront reconnaître un droit de grève à la condition pour eux d’obtenir au préalable l’approbation de la Fédération générale des Syndicats égyptiens ? En tous cas, depuis le second trimestre de l’année 2003, on ne comptera plus les manifestations d’employés du textile, qui éclateront dans des proportions amplement révélatrices de l’état du malaise ambiant. A titre d’exemple, la révolte des employés de Mahalla al-Kobra, en mars 2006, les poussera à investir la rue pour faire valoir leurs revendications économiques… soit tout de même un total de 24000 manifestants.

Aujourd’hui, la révolte ouvrière de Ghazl al-Mahalla semble connaître une relative accalmie, le nombre de manifestants ayant baissé de moitié en l’espace de cinq jours, pour « ne plus concerner que » quelque 14000 employés. Mais la question de l’état économique de l’Egypte, ainsi que de l’ampleur des frustrations des Egyptiens devant la déficience gestionnaire de leurs gouvernants, ne trompe plus. Même la presse officielle égyptienne se voit ainsi contrainte de relayer, même si de manière très partielle, l’existence de ces manifestations.

Le régime de Hosni Moubarak se maintient pour l’essentiel du fait des méthodes musclées qu’il continue à développer et/ou à agiter vis-à-vis de sa population, et que conforte en parallèle l’absence d’émergence d’une/de figure(s) forte(s) de l’opposition politique. Un premier signal d’alarme concret et révélateur avait pourtant fait son apparition en 2005, quand les candidats des Frères musulmans réussiront, à l’occasion des élections législatives, à sextupler leur présence au Parlement, en dépit d’ailleurs des pressions, des répressions et des opérations de fermeture de bureaux de vote qui avaient été ordonnées par le régime de Hosni Moubarak. Force est de constater néanmoins que la situation politico-économique égyptienne est source de maints questionnements pour ce qui relève de l’avenir proche du pays. Sauf surprise de taille, la succession du président H. Moubarak devrait aller à l’un de ses fils, Gamal, d’ailleurs lui-même ardent défenseur d’options économiques néo-libérales. Dans l’intervalle, la montée en force des Frères musulmans sur la scène politique interne, ainsi que la grande difficulté qu’ont les partis de l’opposition dite laïque à s’affirmer à titre national, reste la plus grande preuve de ce que les Egyptiens restent à la recherche d’une alternative au pouvoir en place qui soit crédible et efficace.

Or, les subterfuges juridiques et constitutionnels développés par H. Moubarak le long de ces trois dernières années ne pourront en rien limiter la grogne grandissante des Egyptiens. Ceux-ci ont en effet un triple sentiment : celui de voir que leur pays a perdu sa position longtemps enviée dans la région de « phare du monde arabe » ; celui de constater que les options de leur président sont par trop pro-occidentales, et donc nécessairement synonymes d’une mise à mal de toutes notions de souveraineté et d’indépendance nationales ; et celui, enfin, de voir que l’étiolement de leur posture politique régionale n’a même pas pu être compensé par un rehaussement de leurs perspectives et de leurs horizons économiques.

L’Egypte pâtit ainsi aujourd’hui d’une succession de révoltes ouvrières révélatrices de l’échec de ses options macro-économiques avant que micro-économiques. Mais, en filigrane, transparaît tout aussi bien l’échec gestionnaire du régime de H. Moubarak sur un plan purement politique. C’est la conjonction de ces deux éléments qui a pour aboutissement le malaise social que l’on ressent de plus en plus dans le pays. Et, quand bien même les manifestations ouvrières actuelles ne préjugent en rien d’une explosion franche du chaudron égyptien, il va de soi qu’elles restent un signal d’alarme supplémentaire de l’urgence qu’il y a pour l’Egypte à mettre en place des réformes gestionnaires de fond. Le système actuel a en effet toutes les chances de se maintenir et de tenir tant qu’il sera tenu par le successeur de feu Anouar al-Sadate, méthodes coercitives aidant ; cette stabilité apparente sera par contre beaucoup moins à même de se perpétuer si le successeur de H. Moubarak, qui qu’il soit, venait à s’avérer prisonnier des mêmes logiques du régime.

Source : http://www.iris-france.org/Tribunes-2007-09-27a.php3

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Vendredi 18 mai 2007
Depuis plusieurs mois, des milliers de travailleurs ont fait grève en Égypte, en particulier dans le secteur textile. Les salaires extrêmement bas, les conditions de travail, le mécontentement face à des représentants syndicaux qui sont du côté du pouvoir, sont à la base de ces mouvements, qui sont loin d'être terminés.

Ainsi, dans le vaste complexe industriel de Mahalla al Kubra, dans le delta du Nil, des milliers d'ouvriers ont fait grève pendant une semaine en décembre 2006, avec rassemblements, sit-in, occupations de locaux, afin d'obtenir que leur prime de fin d'année de 100 livres égyptiennes (13 euros) soit  portée à deux mois de salaire. Le salaire moyen d'un ouvrier d'une usine textile d'État est fréquemment inférieur à 100 LE, primes comprises. Seule la promesse du gouvernement de verser à tous l'équivalent de quarante-cinq jours de salaire a mis fin à la grève mais, à l'annonce de ce recul gouvernemental, les mouvements se sont étendus à d'autres usines du Delta, où des milliers d'autres ouvriers et ouvrières du textile débrayèrent à leur tour pour exiger de meilleurs salaires et conditions de travail.

Des mouvements ont également eu lieu dans d'autres secteurs, les cimenteries, le ramassage des ordures, les industries alimentaires, et dans d'autres régions, comme Alexandrie et dans le sud, dans des entreprises d'État comme dans le privé.

Récemment, début mai, dans l'agglomération du Caire, les transports publics, lignes de bus et métro du Caire, ont été touchés par les grèves. Des dépôts de bus ont été occupés. Les revendications des 4 000 grévistes  portaient également sur les salaires et les conditions de travail. « Nous souffrons depuis des années et notre situation est de plus en plus mauvaise. La direction ne fait rien et personne ne défend nos intérêts. Alors nous avons décidé de faire entendre notre voix », déclarait un conducteur de bus gréviste au journal Al-Ahram. Douze heures de travail par jour, un salaire de 450 LE (60 euros) après dix ans d'ancienneté, les nombreuses contraventions soustraites de la paye, c'est le quotidien des 12 000 chauffeurs qui transportent quotidiennement quelque dix millions de voyageurs au Caire. Le Premier ministre, Ahmad Nazif, ayant annoncé des mesures chiffrées sur les primes et la non-déduction des contraventions, les chauffeurs ont cessé la grève, tout en menaçant de reprendre ultérieurement si les promesses n'étaient pas tenues.

Face à ce mécontentement généralisé, le gouvernement et le patronat temporisent donc parfois. Mais parallèlement ils cherchent à  faire taire les militants qui pourraient donner une expression à la contestation. Ainsi le 25 avril, le Centre de services syndicaux et ouvriers, le CTUWS (Center for Trade Unions and Workers Services), a été purement et simplement fermé par le gouvernement.

Fondé en 1990, ce centre, sous le statut d'une ONG, cherche à coordonner les travailleurs des entreprises des grands centres industriels, à leur faire connaître leurs droits, à leur apporter son aide dans les mouvements et les grèves. Il cherche en particulier à exprimer une voix discordante face aux représentants de la confédération syndicale existante, qui n'est autre qu'un syndicat unique progouvernemental et patronal.

Devant la multiplication et l'ampleur des grèves de ces derniers mois, Moubarak et les ministres de la Main-d'œuvre, de la Solidarité sociale, ainsi que le président de l'Union syndicale, ont visiblement jugé qu'il ne fallait plus laisser cette voix s'exprimer. Après s'en être pris à ses  locaux dans diverses villes, la police a envahi le siège du Centre, à Helouan, ville ouvrière au sud du Caire, et en a scellé les portes.

« Cette situation a assez duré, déclarait il y a quelque temps à la télévision la ministre du Travail. Nous travaillons à résoudre les problèmes des ouvriers, mais il y a ceux qui veulent démarrer une révolution. » Mais voilà, des dizaines, voire des centaines de milliers de travailleurs égyptiens en ont assez d'attendre que les ministres « travaillent à résoudre leurs problèmes  »...

Viviane LAFONT
sur
http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2024&id=28
par Viviane LAFONT publié dans : Egypte
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Lundi 5 février 2007
publié dans le n° 647 d' Al-Ahram Hebdo

Ouvriers. La montée en puissance de la Ligue des conducteurs de train face à l’administration explique en partie son incessante combativité. 

Les conducteurs de train ont obtenu satisfaction cette semaine, après avoir déclenché un mouvement de grève pour protester contre le système « participatif ». Ce système reléguait les conducteurs dont l’état de santé était déclaré non-conforme aux normes requises à des professions administratives et leur faisait perdre de ce fait leur statut particulier, et les primes qui y sont attachées. « Pendant le Ramadan, lors d’un iftar, le ministre nous avait promis d’abroger ce système », raconte William Zaki, conducteur de train et membre du conseil d’administration de la Ligue des conducteurs. Trois mois plus tard, n’ayant toujours pas reçu satisfaction, les conducteurs font à nouveau la une de plusieurs journaux d’opposition en bloquant, le 20 janvier, plusieurs trains en partance pour Alexandrie à la Gare centrale du Caire, pour des périodes d’une à deux heures. Les négociations avec Mohamad Mansour, ministre des Transports, ont abouti à un compromis : la direction des chemins de fer s’engage à leur verser 60 % de ces primes. Cette avancée est applicable de manière rétroactive à tous les conducteurs relégués à des postes administratifs avant cette date. « Le ministre nous a donné le choix entre 80 % des primes, applicables à partir d’aujourd’hui, ou 60 % rétroactifs. Nous avons préféré la seconde option. Il nous a également promis que les conducteurs relégués en postes administratifs recevront bientôt l’entièreté de leurs primes », explique Zaki.

La grogne des cheminots ne date pas d’aujourd’hui. S’ils ont protesté plusieurs fois contre leurs rémunérations trop basses et des conditions de travail de plus en plus mauvaises, ils sont également montés au créneau pour protester contre le fait que le gouvernement leur a souvent fait porter la responsabilité des accidents ferroviaires de plus en plus fréquents ces dernières années. Ainsi, les conducteurs de train s’étaient-ils déjà mobilisés en septembre 2006 pour protester contre l’inculpation de leur collègue Edward Malak, considéré par la direction comme responsable de la catastrophe de Qalioub, qui avait coûté la vie à 60 personnes, le 21 août 2006. Il s’agissait de l’accident le plus grave survenu après la catastrophe d’Al-Ayyat, en 2002, qui avait coûté la vie, selon les chiffres officiels, à 373 personnes.

Les cheminots, eux, estiment que ces accidents sont dus à un équipement vétuste — en particulier les locomotives —, un entretien déficient, des rémunérations qui les obligent à des heures supplémentaires. Au nombre de 4 500 en Egypte, ils déclarent ne pas suffire à la tâche et réclament des embauches. Si leur ligue existe depuis 1934, elle s’est récemment replacée sur le devant de la scène après les élections de juin 2006, avec le renouvellement du conseil d’administration. « Nous avons mené une bataille difficile pour libérer le conseil de l’emprise de l’administration, pour organiser de réelles élections », raconte Zaki. Tout en s’affirmant déterminé à ne pas baisser les bras, et à continuer la lutte, pour les conditions de travail, mais aussi pour la sécurité des passagers.

Dina Heshmat


par Dina Heshmat (Al-Ahram Hebdo) publié dans : Egypte
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Vendredi 19 janvier 2007
22 janvier 2007
Haut Tribunal de la sûreté de l'Etat
Damanhour, Egypte

Le 22 janvier aura lieu à Damanhour le procès de 26 paysans de Sarando (région du Delta, Egypte) et de leur avocat, Muhammad Abd al-Aziz Salama (affaire 5631 du Haut tribunal de Damanhour - 2005) sous les chefs d'accusation de rassemblement illégal, de coups et blessures ayant donné la mort, de violation de propriété et destructions et, pour leur avocat, d'incitation à la rébellion. Le 4 mars 2005, les propriétaires avaient attaqué le hameau avec une centaine d'hommes armés et trois tracteurs, détruit les récoltes et tiré sur les maisons. Les paysans ayant résisté à leurs agresseurs, un des propriétaires avait été tué dans la bagarre, une centaine de personnes, agresseurs et agressés, blessées, les véhicules détruits.

Puis des dizaines de paysans et paysannes avaient été arrêtés par la police, puis torturés, pour qu'ils renoncent à leurs baux ou titres de propriété des terres qui leur avaient été cédées par la réforme agraire en 1961. Le propriétaire qui avait réussi à faire disparaître des titres de propriété depuis 1975, et à imposer des loyers exorbitants depuis 1997, tentait depuis 2004 de reprendre les baux et les terres par la force. Débouté trois fois en 2006 par la justice ordinaire, le propriétaire a obtenu fin 2006 qu'une juridiction d'exception accuse les paysans et leur avocat d'avoir délibérément provoqué les affrontements de mars 2005.  

Depuis la libération des baux agricoles en 1997, d'autres incidents graves ont eu lieu dans plusieurs villages égyptiens. Ils dûs aux anciens propriétaires ou leurs héritiers, qui usent de tous les moyens, légaux et illégaux, pour tenter de récupérer des terres ayant autrefois appartenues à leur famille, avec la complicité de fonctionnaires, de certains juges, policiers, préfets, députés, voire de ministres. Les affrontements qui s'ensuivent sont souvent très violents et sont suivis de nombreuses arrestations, d'emprisonnement arbitraires avec cas de tortures et de procès iniques assortis de lourdes peines. D'après le Centre de la Terre pour les Droits de l'Homme, ces affrontements ont fait de 2001 à 2004 171 morts et 945 blessés et ont donné lieu à 1642 arrestations.

Le juge chargé de l'instruction a déclaré être convaincu de la culpabilité de Muhammad. Ce jeune avocat de 25 ans, originaire de Damanhour, et les 26 paysans arrêtés dont 7 femmes, risquent plusieurs années de prison et de mauvais traitements. Ils n'ont pas de recours en appel et la défense n'a pas accès au dossier de l'enquête. Le juge appuyé par les Ministères de la justice et de l'intérieur, veut faire de ce verdict un exemple.

Envoyez vos protestations contre ce procès inique et la répression que subissent les paysans égyptiens aux ambassades d'Egypte de vos pays et aux autorités égyptiennes (ci-joint la liste des fax et emails). Exigez l'acquittement des paysans de Sarando et de leur avocat.

Merci d'envoyer une copie de votre envoi au Comité de défense des paysans de Sarando : egyptianpeasantsolidarity@gawab.com <mailto:egyptianpeasantsolidarity%40gawab.com>
afaqeg@yahoo.com <mailto:afaqeg%40yahoo.com>
15 janvier 2007
Le comité de défense des paysans de Sarando

2 Propositions de textes à adresser aux autorités égyptiennes (traduits de textes du comité de défense):

texte 1:

Nous avons malheureusement appris que vingt-six paysans  (19 hommes, 7 femmes, dont 4 étudiants et une jeune femme au foyer mineurs) du hameau de Sarando dans le gouvernorat de Behira en Egypte, ainsi que leur avocat, Mr Mohamed Abdelaziz Salama, seront jugés le 22 janvier 2007 par le tribunal pénal de Haute Sécurité d'Etat d'Exception à Damanhour, dans le procès n°5631/2005 du district de Damanhour. Ils sont accusés de: rassemblement de protestation, coups ayant causé la mort, violation de la propriété de terres agricoles d'autrui, destruction d'automobiles et tracteurs d'autrui. Nous avons également appris que les paysans de Sarando ont été attaqués le 4 mars 2005 par une centaine d'hommes armés, conduits par des descendants du précédant propriétaire des terres de Sarando, et qu'une partie de ces terres, conformément à la loi de réforme agraire de 1961, avaient été distribuées aux familles de Sarando. L'attaque des anciens propriétaires, suivie d'une intervention des forces de police qui ont occupé le village pendant plusieurs jours, a eu pour résultat: le décès de Mme Nafissa Marakby après son interrogatoire, l'arrestation de dizaines de paysans hommes et femmes, la fuite collective des habitants redoutant la violence de la police et des hommes de main du propriétaire, la destruction des récoltes de blé et de trèfle, trois procès contre les paysans avec les charges mentionnées précédemment.

Après que la Cour ait innocenté les paysans dans ces trois procès, le précédant propriétaire a lancé une quatrième accusation devant la Haute cour de Sécurité d'Etat d'Exception, incluant l'avocat des paysans, Mohamed Abdelaziz Salama, comme premier accusé d'incitation des paysans aux charges précédemment citées.

La Constitution égyptienne et les conventions internationales ratifiées par le gouvernement égyptien garantissent à tous les Égyptiens le droit de travailler, d'être protégés et en sécurité, ainsi que le droit d'être jugés par une juridiction ordinaire, qui accorde le droit d'accès au dossier d'accusation et le droit d'appel.

Nous vous demandons de faire appliquer la Constitution égyptienne, les conventions  internationales et les chartes internationales des droits de l'homme à tous les accusés, en transférant l'affaire devant un tribunal ordinaire, et en permettant à leurs avocats et aux organisations des droits de l'homme membres du collectif de défense d'accéder au dossier d'accusation et aux documents de l'enquête de police, afin de pouvoir défendre les accusés conformément à la loi.

Texte 2:

Les soussignés expriment leur solidarité avec les paysans de Sarando traduits comme accusés à la Haute Cour pénale de Sécurité de l'Etat d'Exception, étant convaincus de leur innoncence. La loi d'Exception appliquée par ce tribunal prive ces paysans de leur droit naturel à un jugement avec recours en appel, face aux accusations des héritiers des anciens grands propriétaires. Ces propriétaires nient que la réforme agraire a transféré la propriété des terres de Sarando aux paysans, qui se sont acquittés de toutes les obligations prévues par la loi de la réforme agraire depuis 50 ans. Les héritiers de ces bénéficiaires sont maintenant traduits comme accusés, alors qu'ils étaient en état de légitime défense le 4 mars 2005, victimes d'une agression, et que leurs biens étaient saccagés et leurs vies menacées par leurs agresseurs. Nous ne doutons pas que vous ferez tout ce qui est en votre pouvoir pour que la justice égyptienne,  qui se tient du côté du droit et de la justice, reconnaisse leur innocence.

Noms des accusés (affaire 5631, 2005) :

1. Muhammad 'Abd al-'Aziz Salama, 24 ans, avocat, Damanhour
2. Mustafa 'Abd al-Hamid al-Garaf
3. Muhammad Ragab Khalil
4. Abu Taleb Muhammad 'Abd Allah Abu Zina
5. 'Imad al-Din Muhammad Mahmoud
6. Muhammad Radi al-Garaf, 20 ans, étudiant, Sarando
7. Gamil 'Abd al-Mun'im Qabil
8. Muhammad Mahmoud 'Ateyya al-Chanawi, 21 ans, agent des forces de sécurité d'Alexandrie, Sarando
9. Ahmad 'Abd al-Hamid Khalaf
10. Muhammad Ibrahim 'Antar Dessouki al-Husri, 53 ans, Sarando
11. Karam 'Abd Allah al-Gizawi
12. 'Abd al-Razeq 'Abd al-Razeq Abu al-'Ala, 33 ans, ouvrier, Sarando
13. Muhammad 'Abd Allah al-Gizawi
14. Mabrouk Ahmad 'Abd al-'Aziz, 28 ans, paysan, Sarando
15. 'Abd al-Mun'im Mustafa Muhammad Basyuni, 62 ans, paysan, Sarando
16. Mustafa 'Abd al-Rahim Mustafa Muhammad, 20 ans, étudiant, Sarando
17. 'Ala' 'Abd al-Hamid 'Ali al-Fiqi, 17 ans, étudiant, Sarando
18. Gaber Sa'id Ali al-Fiqi, 19 ans, étudiant, Sarando
19. Adel 'Abd al-Mun'im al-Baqli
20. Salah 'Abd al-Gawad Muhammad 'Abd al-Gawad, 40 ans, ouvrier agricole, Sarando
21. Samah 'Abd al-Hamid 'Ali al-Garaf, 19 ans, maîtresse de maison, Sarando
22. Kawkab 'Abd al-Mun'im 'Abd al-Wahab Qabil, 44 ans, maîtresse de maison, Sarando
23. Rasmiyya Ahmad Muhammad Khalaf, 40 ans, maîtresse de maison, Sarando
24. Rania Samir Muhammad, 23 ans, maîtresse de maison, Sarando
25. Mabrouka Muhammad 'Abd al-'Aziz Qabil, 21 ans, maîtresse de maison, Sarando
26. Rahab Guma'a al-Nahrawi, 23 ans, maîtresse de maison, Sarando
27. 'Aida 'Abd Allah al-Gizawi
Envoyez vos appels et protestations aux adresses suivantes:
Présidence de la République
Mr Hosny Mubarak
Fax : 002023901998

Premier ministre
Mr Ahmed Nazif
Fax : 002027958016
Fax : 002027356449
primemin@idsc.gov.eg

Ministère de la Justice
Mr Mamdouh Marei
Fax : 002027958103
mojeb@idsc.gov.eg

Conseil National des Droits de l'Homme
Mr Gamal Mubarak
Fax : 002025745776
insan@nchr.org.eg

Avocat Général
Fax : 002025757165

Ministère Intérieur
Mr Habib El Adly
Fax : 002025792031
Fax : 002027957500
Moi1@idsc.gov.eg
Parlement
Fax : 002027942721

Club des Juges
Fax : 002025751053

Ministère Affaires étrangères
Mr Ahmed Abu El Ghit
Fax : 002025747839
Fax : 002025748822
minexter@idsc1.gov.eg

Ministère Agriculture
Mr Amin Abaza
Fax : 002027498128
Fax : 002027614263

Source :  http://www.aloufok.net
par Résister publié dans : Egypte
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